‹ Napoleon et sa famille (volume 4)Chapitre 16 sur 106 · MURAT ET LES BOURBONS · texte numérisé non relu

MURAT ET LES BOURBONS

du roi. « Cela ne ferait pas iiu vilain spectacle », disait Jaiicourt qui avait été à bonne école. S'ef- Ibrçanl à convaincre Tancien chambellan de Joseph, qui malheureusement se connaissait en Napolitains, le marquis de Saint-Elie revenait à la charge et s'employait à démontrer que, si le royaume de Xaples n'était pas lié à ses projets, l'Autriche ne pouvait agir activement contre la Russie, servir les projets de la France et afîranchir la Saxe. Il allait plus loin : « Je puis vous assurer encore une fois, disait-il à Jaucourt, que le dévouement du roi de Naples au roi de France, dévouement qui est à la disposition du roi, peut seule garantir l'exécution des vœux du prince de Talleyrand. » Cette offre ne fut point agréée et la saisie des papiers de lord Oxford, parmi lesquels on trouva quantité de lettres écrites à Murât, permit de pousser dehors Schinina, même habillé en marquis.

Le gouvernement de Louis XVIII avait ouvert les hostilités contre Murât et il les menait avec activité. Faut-il croire que sa police était étrangère aux conspirations qu'avaient formées, contre la domination autrichienne, plusieurs officiers de l'ancienne armée royale et ne peut-on penser qu'elle avait ainsi pris pour objet de mettre le gouvernement autrichien en conflit avec le roi de Naples ? A coup sur, on n'avait point eu beaucoup à faire : la patrie italienne était née dans l'armée sous les drapeaux tricolores que TEmpereur-Roi

.XAPOLEOiX ET SA FAMILLE

lui avait donnés; livrée par son chef à l'ennemi qu'elle avait constamment vaincu depuis que la Milice cisalpine avait reçu en 1800 son organisation, elle se trouvait désarmée et misérable et elle rêvait de revanche. Les conjurés étaient-ils en correspondance avec Murât? Assurément non; mais l'Autriche ne pouvait manquer de penser qu'ils subissaient son instigation, et peut-être avait-elle, d'accord avec le gouvernement français, cherché un piège à lui tendre. M. de Bombelles, dont on a vu le rôle à Paris, avait accueilli avec empressement les ouvertures d'un personnage plus que suspect, un nommé Desquirou, se faisant appeler Desquirou de Saint-Agnan, ou le chevalier Desquirou de Saint- Agnan ; cet individu, après de brillantes études de droit, avait été nommé, en 1807, substitut du procureur impérial à Mayenne : sa conduite privée, ses exactions, ses escroqueries le firent destituer; il rentra à Paris et se jeta dans les conspirations. Il a prétendu avoir participé à l'affaire Malet, avoir proposé à Laine divers projets pour rétablir la royauté : il fut assurément du complot des Vivres-Viande, où on le trouve en compagnie de Semallé, du prétendu marquis de La Grange, de son complice Morin, de Michaud et de Forcade. Après le coup de main de La Grange, Morin devint, pour près d'un mois, le chef de la police à Paris'. Sous son inspiration, et probablement avec

^ Voir mon livre L'affaire Mauhreidl, p. 68 cl suiv.

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