MURAT PROVOQUE LA GUERRE AVEC L'AUTRICHE
hauteiii' concertée, que l'entrée des Français en Italie formerait un casus belli. Cela étant acquis le 26, il se retourna versCampo-Cliiaro, « lui déclarant que cette garantie devait lui sullire, que les armements du roi Joachim n'avaient aucune raison d'être, agitaient inutilement l'Italie et que tout mouvement de l'armée napolitaine hors des frontières serait regardé comme une rupture de l'alliance et une attaque contre l'Autriche ».
Le 26 février, cette réponse menaçante était, à Vienne, remise aux envoyés du roi de Naples. Ce même jour, 26 février, l'Empereur quittait l'île d'Elbe ; mais il est impossible d'établir la moindre relation entre la remise de la note par Campo- Chiaro, le 23, et le départ de Napoléon, puisque la note était rédigée depuis le 25 janvier et qu'elle était de toutes les façons en contradiction avec les intentions et la politique de l'Empereur. Celui-ci, lorsqu'il prenait ses engagements avec Murât, avait cru trouver des difficultés sans doute, mais une politique d'attente, ne comportant ni une action immédiate ni des sanctions directes. Tout au contraire. Murât, après les déclarations de ses ministres, paraissait ne chercher que l'occasion d'entrer en guerre, d'utiliser pour sa gloire et sa grandeur les forces de l'Italie par laquelle il se croyait appelé et où il comptait remplacer Napoléon.
L'on voit bien ce que l'Empereur perdait à attacher Murât à sa fortune ; on ne voit pas ce qu'il
y gagnait : l'espoir qu'assagi par les événements, et acceptant une direction, sinon des ordres, le roi se conformerait aux nécessités de la politique commune et se comporterait de façon à ne pas la compromettre? Ce fut tout le contraire qui arriva et cet appoint que Napoléon avait cru trouver devint un des facteurs qui accélérèrent sa chute.