JOSEPH. — INSTALLATION A PARIS
ne fut que plus tard et vraisemblablement après le i(S. A ce moment, il entra en activité, et Ton doit croire qu'il avait reçu de TEmpereur des instructions formelles pour faire parvenir à l'Autriche des assurances pacifiques : car, outre la lettre à M. de Schrandt, il y eut une lettre adressée le 16 à Murât.
Ce fut cette lettre que dut emporter le courrier de Murât signalé par Talleyrand ; elle ne put influer d'aucune façon sur les événements, car elle n'arriva à destination qu'après que Murât eut ouvert les hostilités.
Dès son arrivée cà Paris, Joseph fut entouré des soins et des attentions de son frère. L'Empereur ordonna au grand écuyer de mettre à sa disposition quarante chevaux d'attelage et, s'il était possible, quelques voitures. Il lui demanda pourtant d'établir sa maison sur un pied modeste. « Vu la situation des finances, je ne pense pas, lui écrivait-il le 25 mars, pouvoir vous accorder plus d'un million pour le reste de l'année ; bien entendu, pour l'année prochaine, l'apanage reviendra à deux millions. » Il lui concéda l'Elysée « pendant quelques mois » ; « mais il en aurait besoin à l'été, où le séjour des Tuileries est insupportable ». Il proposa donc à son frère, soit la maison que le Domaine avait achetée du Prince de Talleyrand, momentanément occupée par la duchesse de Bourbon, soit l'hôtel de Lassay qu'occupait le prince de
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Condé, soit encore le Palais-Royal; mais il signifia : « En résumé, je désire que vous ne fassiez pas de dépense en chevaux, en meubles, ni en bâtiments pour cette année. »
L'Empereur paraissait renoncer à constituer une maison d'honneur à Joseph ; il lui attribua seulement une maison militaire, mais combien nombreuse et brillante : un lieutenant général, Stroltz, quatre maréchaux de camp : Jean Expert, Henri Tascher, Despres, Donna, un écuyer, le maréchal de camp Raslignac, tous ces généraux venus du service d'Espagne, confirmés en France dans leurs grades espagnols, comme le chef d'escadron Unzaga, le capitaine Ripert et le sous-lieutenant Gondouin, officiers d'ordonnance. Au surplus l'Empereur comptait trouver quelque secours en ces Espagnols réfugiés sur qui il imaginait que Joseph avait conservé de l'autorité. Il voulait former une junte composée de cinq membres des plus actifs et des plus mordants, lesquels résideraient à Paris, auraient sur les principaux points des Pyrénées des commissaires dont ils recevraient les rapports, rédigeraient une gazette en espagnol qu'on ferait passer en Espagne par tous les moyens. « Le but de ce journal serait d'éclairer les Espagnols, de leur faire connaître nos dispositions constitutionnelles et de les porter à l'insurrection et à la désertion. » La junte devrait encore organiser des expéditions, des guérillas, et les introduire en Espagne. Pour quoi, l'Empereur mettait à sa dispo-