LE CHAMP DE MAI
jamais existé (\nvn projet. Mais il avait incontestablement un droit acquis : il avait été, en 1806, reconnu prince du sang impérial, il avait été marié comme tel ; il avait figuré à ce titre dans la plupart des cérémonies dynastiques; on ne pouvait nier que, dynasliquement, il n'eût le pas sur Lucien «•et comme il pouvait se faire que Joseph n'eut pas de fils et {|ue ceux de Louis ne vécussent pas; comme alors, le peuple eût été appelé à sanctionner les nouveaux droits à la succession que TEmpereur aurait reconnus à ses autres frères, Jérôme ne voulait pas (-éder cette chance à Lucien qui était le dernier venu et celui-ci se prévalait de son droit d'aînesse pour l'emporter sur son frère cadet ».
Il faudrait bien, au Champ de Mai (jui allait avoir lieu, que les rangs fussent réglés. Madame et Fesch n'y devaient point assister, bien que, depuis qu'il avait été touché par la dépêche du 8 avril, Fesch ne pût ignorer quelles étaient les intentions de l'Empereur, mais il ne se pressait pas : dès Valence, Jérôme, parti en même temps (jue lui de Montélimar, avait plus de trente heures d'avance. A Lyon, Fesch, arrivé avec sa sœur le 2G à six heures du soir, prit ses aises et se retrouva dans ses habitudes. Le 'ip, l'Empereur donna vainement l'ordre à Carnot, ministre de l'Intérieur, de télégra|)hier à
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bien reçu par TEmpereur que je trouvai absolument le même que lorsque je Tavais quitté, nullement changé. »
Le Moniteur enregistra le 29 seulement l'arrivée du prince, auquel, dès le 28, l'Empereur avait demandé quel commandement il voulait prendre : « Je lui répondis, écrit Jérôme, que dans les circonstances actuelles, je n'avais aucune prétention, qu'une compagnie, un régiment ou une division me satisferait aussi bien qu'une armée ; il me dit de commencer par une division et qu'aussitôt les premières batailles données, comme il serait obligé de se porter sur un autre point, je recevrais le commandement de l'armée qu'il quitterait. »
Si c'était là ce qu'avait résolu l'Empereur, il était tel en effet vis-à-vis de Jérôme qu'en 1806, en 1809 et en 1812, et la passion familiale obscurcissait singulièrement son jugement. Toutefois, s'il attribua au prince Jérôme un rôle dans le militaire, il ne lui donna aucune part dans le civil, et Ton ne saurait douter que, si cordial qu'ait été l'accueil que lui fît Lucien, Jérôme n'en sentit pas moins profondément l'injuslice qui lui serait faite si lui, qui était depuis huit ans rentré dans le giron de la Famille, moyennant un sacrifice analogue à celui que l'Empereur avait . vainement exigé de Lucien, se trouvait subordonné dans la dynastie à son frère rentré en grâce. Dès son arrivée, la question fut posée. Jérôme ne pouvait se prévaloir, comme on a dit, d'un sénatus-consulte qui n'avait