LE CHAMP DE MAT
jamais existé qu'en projet. Mais il avait incontestablement un droit acquis : il avait élé, en 1806, reconnu prince du sang impérial, il avait été marié comme tel ; il avait figuré à ce titre dans la plupart des cérémonies dynastiques; on ne pouvait nier que, dynastiquement, il n'eût le pas sur Lucien «•et comme il pouvait se faire que Joseph n'eut pas de fils et (jue ceux de Louis ne vécussent pas; comme alors, le peuple eût été appelé à sanctionner les nouveaux droits à la succession que l'Empereur aurait reconnus à ses autres frères, Jérôme ne voulait pas céder cette chance à Lucien qui était le dernier venu et celui-ci se prévalait de son droit d'aînesse pour l'emporter sur son frère cadet ».
Il faudrait bien, au Champ de ]\Lai qui allait avoir lieu, que les rangs fussent réglés. Madame et P'esch n'y devaient point assister, bien que, depuis qu'il avait été touché par la dépêche du 8 avril, Fesch ne pût ignorer quelles étaient les intentions de l'Empereur, mais il ne se pressait pas : dès Valence, Jérôme, ])arti en même temps que lui de Montélimar, avait plus de trente heures d'avance. A Lyon, Fesch, arrivé avec sa sœur le 26 à six heures du soir, prit ses aises et se retrouva dans ses habitudes. Le -^c), l'Empereur donna vainement l'ordre à Carnot, ministre de l'Intérieur, de télégraphier à
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son oncle qu'il désirait qu'il arrivât pour célébrer la messe au Champ de Mai. La dépèche ne put partir à cause du temps. Le 3o mai. à dix heures quarantecinq, Ghappe en donna avis pour que l'Empereur }ult remplacer le cardinal. Fesch n'arriva en effet que le 2 juin lorsque tout était terminé — et l'on est en droit de se demander si ce n'était pas à dessein qu'il avait mis douze jours pour venir du Golfe Juan à Paris.
L'Empereur n'avait point attendu l'arrivée de Jérôme pour régler la situation pécuniaire des membres de sa famille ; il s'en était occupé dès les premiers jours de sa rentrée à Paris. Le 14 avril, il écrivait au ministre du Trésor : « Pour les apanages, il n'est rien dû aux princes depuis le i'^'' avril 1814 jusqu'au 20 mars 181 5, si ce n'est ce qui leur a été alloué par le traité de Fontainebleau. Vous devez en faire le décompte. Depuis le 20 mars jusqu'à la fin de 181 5, je réglerai l'apanage des princes de ma maison. Enfin, pour l'arriéré jusqu'au i"" avril i8i5, on doit payer ce qui leur est dû. » Un compte fut donc dressé à ce moment, établissant la situation de chacun des intéressés pour l'arriéré des apanages montant à 6.473,081 fr. 17. (L'impératrice Joséphine jusqu'au jour de son décès, apanage 718.333 fr. 33; Madame, apanage 1 .040.333 fr. 67 ; le prince Louis, rentes 33o.ooo fr. ;