‹ Napoleon et sa famille (volume 4)Chapitre 50 sur 106 · BASE DE LA POLITIQUE DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

BASE DE LA POLITIQUE DE NAPOLÉON

volonté, est-ce assez pour rendre raison dune conduite si directement opposée à celle que Napoléon avait suivie jusque-là, d'une contradiction si nette infligée aux principes sur lesquels il avait fondé son pouvoir et dont il attendait son autorité?

Qu'est-ce donc à dire et ne faut-il pas chercher ailleurs que dans les raisons superficielles l'explication de la conduite de l'Empereur? Plutôt que de s'attacher à des minuties constitutionnelles inspirées, tantôt de Tavortement de 91, tantôt d'une interprétation erronée des institutions anglaises, ne convient-il point de demander au' caractère, aux actes antérieurs, aux sentiments qui ont dirigé depuis plusieurs années la politique impériale, une explication plausible et satisfaisante de la conduite de ?s'apoléon ? *

* Je crois avoir suffisamment développe et démontré cette thèse dans les volumes antérieurs de Napoléon et sa famille, dans Vfmpératrice Marie-Louise, dans Joséphine répudiée, enfin et surtout àiins Napoléon et son fils ; \nsc[\\cn 1807, la stabilité et l'hérédité assurées par l'adoption d'un Napoléouide ; depuis 1807, par la naissance d'un fils et l'assiette d'une dynastie. Ces sentiments j'en ai, je crois, prouvé l'influence sur toutes les décisions prises par r Empereur depuis son retour de Russie, sur le Concordat avec le Pape, l'institution de la Régence, les tentatives de négociation avec l'Autriche ; la Campagne de 1814, enfin l'Abdication. Je croyais qu'on ne pouvait guère douter qu'au nombre des mobiles qui avaient contraint l'Empereur à sortir de l'ile d'Elbe se trouvait la séquestration de sa femme et de son fils, mais il parait que je me suis trompé et l'on a soutenu contre moi que pas plus que le roi de France n'avait à lui donner d'argent, l'Europe n'avait à lui rendre son enfant.

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Napoléon veut avant toute chose paraître en médiateur ; on l'a si fort accusé de tyrannie et de despotisme qu'il se garde de tout acte d'énergie et de toute velléité de défense. Par là, penset-il, il montre l'Empire compatible avec un système de douceur et d'apaisement. Il adopte l'Acte additionnel parce qu'on l'a persuadé que le régime autoritaire doit finir avec lui et que le régime parlementaire convient à un empereur mineur. C'est là une doctrine dont on n'a pas qu'une fois constaté les néfastes effets, mais qui avait hier encore des partisans. L'Empereur, pour répondre aux vœux de la nation, eût pu déterminer un mode électoral plus large, ressusciter le Tribunat, accroître les attributions financières du Corps législatif et restreindre les prérogatives qu'il avait si imprudemment accordées au Sénat, mais sans toucher aux principes essentiels de l'autorité impériale, sans contrefaire la charte octroyée, laquelle s'expliquait mieux encore que l'Acte additionnel.

Mais on l'avait convaincu que, dans ce lit qu'il lui préparait, son fils trouverait avec une tranquillité incomparable, toutes raisons de stabilité et une irresponsabilité qui le déchargerait du fardeau du pouvoir en lui en laissant les agréments. Il ne mettait point en doute que, proposant à la nation l'Acte additionnel, elle ne l'acclamât ; mais peut-être avait-on été assez adroit pour lui faire croire que ce serait le libéralisme de l'Acte qu'on acclamerait et non pas celui qui le présenterait?

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