L'ACTE PRÉPARE LA RÉGENCE
l'invesliUire plébiscitaire n'en serait pas moins donnée à la monarcliie parlementaire.
Il n'est point utile de faire ressortir les contradictions, ni de rechercher la part que tel ou tel avait prise à la rédaction de cet acte qu'il faut considérer, de la part de l'Empereur, comme un expédient dynastique : TActe additionnel a eu pour objet principal de prouver à TEurope que l'Empereur constitutionnel serait un souverain pacifique, que ce souverain pacifique pourrait être un enfant, que ce souverain avait été acclamé par la nation unanime et qu'il en était inséparable, que toute tentative pour imposer à cette nation le rèo-ne des Bourbons provoquerait une révolte o-é!iérale. Aussi l'Acte additionnel a été publié, aussi il avait été soumis aux suffrages du peuple et de l'armée; aussi va-t-il être en Champ de mai l'objet d'une promulgation solennelle, en présence des délégués des régiments et des départements, et, tant on espère la venue de l'Impératrice et dû Roi de Rome qui doivent y être couronnés, on ajourne de jour en jour cette réunion jusqu'à laisser s'écouler la première quinzaine de mai sans fixer aucune date précise !
Gomment Napoléon l'eùt-il pu faire puisqu'on lui laissait ignorer les intentions de l'Impératrice et
igo NAPOLÉON ET SA FAMILLE
qu'on avait soin de mettre l'embargo sur tous les Français dévoués ou simplement honnêtes qui eussent pu l'éclairer.
Il y avait à cela un intérêt politique et militaire incontestable : en tenant Napoléon dans l'incertitude sur les projets de sa femme et sur ses résolutions, en arrêtant toute correspondance entre lui et les Français qui entouraient Marie-Louise, on gagnait tout le temps qu'il fallait pour remettre sur pied des armées qu'on s'était trop hâté de disperser et pour avoir raison de l'attaque prématurée de Murât. On déblayait le terrain de ce côté avant d'aborder la grande querelle d'où dépendrait le sort de l'Europe. De la sorte, les troupes anglaises éparses dans les Pays-Bas ne seraient point surprises et culbutées ; les Prussiens recevraient leurs renforts et se rapprocheraient; les Russes combineraient leurs marches et les Autrichiens arriveraient sur les Alpes. Une offensive brusque eût eu pour l'Empereur, au point de vue de la défense nationale, tous les avantages. Le manifeste du i3 mars étant une déclaration de guerre, il n'eût point eu à porter la responsabilité d'une ouverture d'hostilités que tout justifiait; mais, s'il y eut la question d'augmenter l'armée et de la réorganiser avant de rien entreprendre, s'il y eut la question de ne point paraître prendre devant le pays l'initiative de l'attaque, s'il y eut le leurre de la paix, il y avait surtout cet appât : l'Impératrice et le Prince impérial, qui ne reviendraient point s'il ouvrait les