‹ Napoleon et sa famille (volume 4)Chapitre 52 sur 106 · LA RÉPONSE DE MARIE-LOUISE · texte numérisé non relu

LA RÉPONSE DE MARIE-LOUISE

hostilités, qui rcviciulraienl pcul-èlre s'il ne les ouvrait pas.

Ce fut seulement à la mi-mai qu'il fut fixé. Le 6, Meneval a obtenu ses passeports et il a pris congé de rimpératrice. « Elle le charge d'assurer l'Empereur de tout le bien qu'elle lui souhaite et lui dit qu'elle espère qu'il comprendra le malheur de sa position. Elle lui répète qu'elle ne prêtera jamais les mains à un divorce ; qu'elle se flatte qu'il consentira à une séparation amiable; que cette séparation est devenue indispensable, qu'elle n'altérera pas les sentiments d'estime et de reconnaissance qu'il lui conserve. »

Muni de cette déclaration de rupture, où l'on peut croire qu'avec une sorte d'honnêteté Marie- Louise a tenu à sous-entendre qu'il ne s'agissait pas simplement de politique, Meneval va faire ses adieux au roi de Rome, et celui-ci, — pauvre petit de quatre ans ! — le tire à l'écart pour lui dire en son parler enfantin : « Monsieur Meva, vous Lui direz que je L'aime bien. » Il part; à son passage à Munich, il voit le prince Eugène ; il est le 1 1 à Belfort ; il arrive à Paris vers le i5 mai. Il se rend à midi à l'Elysée et l'Empereur, qui le reçoit aussitôt, le garde jusqu'à six heures, dans le jardin. Ces entretiens durèrent quelques jours. « En général, les sujets étaient graves et paraissaient l'affecter péniblement. » Meneval, qui savait observer, et qui était renseigné par les femmes de l'intérieur, dévouées autant que lui à la France

et à TEmpereur, connaissait par le détail toute la conduite de l'Impératrice et il dut en rendre compte, quelque pénible que fût ce récit.

Avant même que ]\I. de Talleyrand eût obtenu des plénipotentiaires des huit puissances signataires du traité de Paris la d'éclaralion « que Napoléon Buonaparte s'est placé hors des relations civiles et sociales et que, comme ennemi et perturbateur du repos du monde, il est livré à la vindicte publique », Marie-Louise avait pris son parti. On peut admettre que, dès le 8 mars, date où Meneval écrit au duc de Vicence une lettre parvenue très tard, elle était fixée sur les voies qu'elle suivrait. Le 12, par une lettre qu'a rédigée M. de Neipperg, elle a fait connaître à M. de Metternich qu'elle est tout à fait étrangère aux projets de l'Empereur et qu'elle se met sous la protection des Alliés.

Dans une explication qu'elle consent à donner à Meneval, qu'elle considère à bon droit comme un agent de Napoléon, mais auquel elle attribue, comme à tous les hommes qui l'approchent ou simplement qui la voient, une passion qu'il essaie en vain de dominer, elle lui dit « qu'elle n'est pas maîtresse de ses actions, qu'elle a promis à son père de se remettre entièrement entre ses mains et de ne se conduire que par ses conseils ; qu'elle ne peut, sans manquer à son serment et à ce qu'elle doit à son père, désormais le seul tuteur de son fils et qui lui montre une constante bienveillance, s'opposer à ce qu'il veut faire, non seulement dans

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