‹ Napoleon et sa famille (volume 4)Chapitre 54 sur 106 · NAI'OLÉON DÉFEND MARIE-LOUISE · texte numérisé non relu

NAI'OLÉON DÉFEND MARIE-LOUISE

les nie ; que, sans omettre aucune des prescriptions du protocole et en prodiguant les épithètes flatteuses, il arrive à faire connaître que Marie-Louise n'a jamais eu le |)rojet de rejoindre l'Empereur à l'île d'Elbe et qu'à présent elle n'entend pas le retrouver à Paris. Toutefois, aprèslesconfidencesqu'ilareçues . d'elle, il recule à la présenter comme une prisonnière et il dit seulement : « Tous les sentiments portent l'Impératrice vers la France. L'attachement qu'elle conserve dans le fond de son cœur pour l'Empereur, le souvenir des marques de tendresse et de tous les bons procédés qu'elle en a reçus, celui des témoignages d'amour et d'estime que lui ont donnés les Français occupent souvent sa pen sée, mais ces sentiment sont comprimés. On peut la considérer comme dans une sorte de captivité puisqu'elle n'est plus maîtresse de sa conduite et qu'il ne lui est plus permis même d'écrire en France ni d'en recevoir aucune lettre. »

De la sorte, sans mentir, on couvre l'Impératrice et l'on peut insister comme il convient sur le Prince impérial. A la vérité, Meneval a exagéré congrument la douleur qu'a éprouvée Marie-Louise à se séparer de son fils et à le remettre à l'empereur d'Autriche, mais au moins n'a-t-il point pris avec la vérité des libertés que la presse n'eût point manqué de relever. A meilleur droit a-t-il pu s'étendre sur le rapt du roi de Rome. Le fils de Napoléon enlevé des mains de « cette dame respectable », M™*" de Montesquiou, à cause « du

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tendre attachement qu'elle se plaisait à nourrir dans le cœur de son auguste élève pour TEmpereur, son père », c'était un acte qui ne se pouvait comparer qu'à l'enlèvement du dauphin des mains de sa mère : et M. Meneval s'est efforcé d'en tirer le meilleur parti. « Une séparation si douloureuse pour M"'^ de Montesquiou fut, dit-il, vivement sentie par son auguste élève qui s'était fait une douce habitude des soins qu'elle lui prodiguait. Il la redemandait sans cesse en pleurant et les regrets qu'il témoignait de sa perte, étaient la plus douce consolation qu'elle put recevoir dans cette circonstance. »

Et, dans ce style noble, Meneval continuait : « Le Prince impérial était dans l'élat de santé le plus florissant. Plus grand et plus fort que ne le sont ordinairement les enfants de son âge; beau, bon, doué des plus aimables qualités et annonçant les dispositions les plus heureuses, il fait la consolation de sa mère et a gagné la tendresse de son grand-père, l'empereur. Le souvenir de la France lui est toujours présent et son affection enfantine pour sa chère patrie se peint dans les réflexions touchantes qui lui échappent lorsqu'il en entend parler aux Français qui sont restés attachés à sa personne. »

Tel était le langage que l'Empereur approuvait, qu'il estimait capable d'émouvoir cette France retournée de vingt ans en arrière, aux impressions et aux passions révolutionnaires, insensible aux

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