XI. i
aurait mis son trône en danger, si, trop habile pour s'abandonner à leurs promesses, il n'avait pu s'affermir sur de meilleurs fondements. La prudence lui a prescrit de faire quelques pas en avant pour observer les événements de plus près et le besoin de couvrir son royaume Ta obligé de prendre des positions militaires dans les Etats romains. »
Ainsi peut-on affirmer que nulle excitation, nulle approbation n'est venue de l'Empereur, lequel s'était flatté d'abord que la paix pourrait être maintenue ; ensuite, que, si elle ne pouvait l'être, Murât gagnerait assez de temps pour que la France pût l'aider. Mais l'alliance avec la France n'était nullement l'objet que se proposait le roi de Naples.
A quoi bon des hypothèses et des spéculations? N'a-t-il pas très nettement dit lui-même ce qu'il cherchait et quel était son but ? Ne l'a-t-il pas révélé à Jérôme en pleine confiance et dans l'intimité de sa pensée, lorsqu'il a, le 28, à six heures du soir, retrouvé son beau-frère échappé de Trieste et n'a-t-il pas affolé par cette confidence inattendue l'ex-roi de Westphalie ?
Mais ce n'a point été à son beau-frère, c'a été à l'univers entier qu5 le lendemain il a confié sa pensée maîtresse. C'a été avec la solennité qui doit consacrer l'acte initial de l'existence d'une nation que, le lendemain, Murât a proclamé l'indépendance de l'Italie et ce redondant appel, dont