‹ Napoleon et sa famille (volume 4)Chapitre 61 sur 106 · MURAT. — LA PROCLAMATION DE RIMIM · texte numérisé non relu

MURAT. — LA PROCLAMATION DE RIMIM

il a, parait-il, demandé la rédaclion à un des écrivains libéraux le plus en vue, c'est le programme que les log.es et les ventes lui ont fait agréer, qu'il a fait sien, qu'il a signé et qu'il va tenter de réaliser par les armes. Or, ce programme est d'abord un manifeste contre la France bien plutôt que contre l'Autriche. « Et à quel titre, dit Murai, des peuples étrangers prétendent-ils vous enlever cette indépendance, premier droit et premier bien de toute nation? A quel titre dominent-ils nos plus belles contrées?... De quel droit vous enlèvent-ils vos enfants pour les faire servir, languir et mourir loin des tombeaux de leurs ancêtres? C'est donc en vain que la nature a élevé pour vous garantir la barrière des Alpes, qu'elle vous a entourés d'un rempart plus insurmontable encore, celui de la différence des langues et des moeurs et de l'invincible antipathie des caractères? — IVon. — Que toute domination étrangère disparaisse du sol italien ! »

L'on ne saurait penser que c'est de l'Autriche qu'il s'agit ni qu'elle soit séparée de l'Italie par les Alpes. Quel sera donc l'allié dont Murât invoque l'appui? Il va le dire: « Les hommes éclairés de tous les pays, toutes les nations dignes d'un gouvernement libéral, les souverains qui se distinguent par la grandeur de leur caractère se réjouiront de votre entreprise et applaudiront à votre triomphe. Pourrait-elle ne pas applaudir à vos efforts^ celle Angleterre^ le modèle de gouvernement

coiistitiUioiinel, ce peuple libre qui met sa gloire à combattre et à répandre ses trésors pour V indépendance des nations ? »

Murât parle ensuite de la perfidie des ennemis qui ont trompé les Napolitains et opprimé les Ita" liens. A la vérité, il ne dit point que c'est lui qui a dénoncé les Unitaires au gouvernement de Vienne.

Plus étrange encore est Tordre du jour à Tarmée : il dit que l'Autriche a demandé, provoqué une alliance si nécessaire au succès de ses armes en Italie et aussitôt quelle a pu oublier impunément la coopération des Napolitains, elle a tourné contre eux ses armes « que, écrit Murât, nous faisions triompher l'année dernière au prix de notre sang sur les rives de la Secchia et de l'Eridan ». Et il ajoute : « Soldats! Nous combattrons dans ces mêmes champs qui naguère furent les témoins de notre valeur; nous délivrerons de nos ennemis ces mêmes provinces qui étaient devenues le prix de votre triomphe, que vous avez cédées à l'Autriche comme gage de conditions qu'elle n'a pas remplies. » Et comme, avec Murât, on a toujours des surprises, il achève le discours qu'il adresse à ses soldats en leur disant : « C'est sous vos drapeaux où sont gravés les mots d'honneur et fidélité sans tache que les Italiens s'uniront, armés d'un noble et généreux courroux et indignés de trouver sur les enseignes de vos ennemis les mots de mauvaise foi et perfidie. »

Murât était tellement plein d'illusions et il était

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