‹ Napoleon et sa famille (volume 4)Chapitre 63 sur 106 · MURAT. — LES ANGLAIS · texte numérisé non relu

MURAT. — LES ANGLAIS

surmontée crun cheval, doré, galopant sans frein, pièce des armoiries de la cilé et province de Xaples — n'était-ce point leur annoncer que l'Italie serait annexée au royaume de Naples? 11 est vrai qu'en adoptant, pour signer ces décrets, le nom de Napoléon mis de côté depuis plusieurs mois, il s'attendait assurément à éveiller dans l'esprit des napoléonistes italiens une opinion favorable sur ses relations avec l'Empereur — à moins (ju'il ne voulût faire croire (ju'en usurpant le nom de l'Empereur, il se donnait part à son génie.

Echec donné par les Autrichiens, échec donné par les Italiens^ c'était beaucoup : il y avait pis : les Anglais ! A la lettre que Bentinck lui avait écrite au sujet du rassemblement de ses troupes, Murât avait répondu le 4, lorsqu'il s'exaltait sur ses triomphes, par une sorte d'ultimatum : « Si vous vous êtes cru obligé, lui disait-il, de me demander des explications sur les mouvements de mes troupes, les circonstances actuelles me font vivement désirer à mon tour de connaître le système que vous vous proposez de suivre en cette occurrence. Je me plais toujours à croire que l'Angleterre protégera cet enthousiasme unanime que font éclater les Italiens pour leur indépendance. » Bentinck n'avait point laissé se prolonger l'incertitude : dès le 5 avril, répondant à une lettre de Gallo du 28 mars, il avait fait savoir à celui-ci qu'il considérerait la notification qui lui serait faite, par

Je commandant en chef autrichien, de l'ouverture des hostilités entre ses troupes et les Napolitains, « non seulement comme mettant fin à l'armistice, mais comme imposant aux commandants des forces britanniques de terre et de mer le devoir de seconder de tous leurs moyens les armées autrichiennes ». Et il ajoutait que les excitations à la révolte contre le roi de Sardaigne, « l'un des plus vieux et des meilleurs alliés de l'Angleterre, et les attaques que Murât avait dirigées contre lui par la proclamation de Rimini, l'obligeaient à employer tous ses efforts pour repousser un attentat aussi indigne contre ce souverain ».

Tout ce qui était anglais le condamnait en même temps ; Wellington et Gastlereagh. Le ministère n'avait plus à craindre que le Parlement invoquât la bonne foi de Murât : M. de Blacas avait fourni des armes qui, pour faussées qu'elles étaient, n'en frappaient pas moins. Plus tard comme plus tard; quand le faux serait découvert, le trône de Murât serait renversé et peut-être lui-même serait mort.

Le 7, Bentinck fait connaître à tous les agents britanniques que, Murât ayant attaqué les Autrichiens, l'armistice est terminé et qu'ils doivent prêter aide et assistance aux Autrichiens. Le 9, Murât reçoit la notification de la déclaration de guerre par l'Angleterre.

Il était temps pour lui de revenir sur ses pas et de pourvoir à la défense de ses Etats, mais il avait pour battre en retraite bien d'autres raisons que

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