XI
Lechi; les hommes tinrent, certains avec une grande bravoure, durant les journées du 2 et du 3 ; mais, le 4, les Autrichiens envoyèrent quelques escadrons sur la route de Macerata et mirent le désordre dans l'infanterie. Murât essaya de les charger avec ce qu'il put ramasser de cavalerie ; ils démasquèrent une batterie ; quelques coups de canon, et les Napolitains s'ébranlèrent, s'enfuirent éperdus de terreur; à peine si 3oo hommes restèrent autour du roi et lui firent escorte. Un peu plus tard, il fut rejoint par la division Garascosa qui s'élait reformée à Ancône, et un certain nombre d'hommes se rallièrent à Porto di Ferno. Sous une pluie incessante, qui rendait presque infranchissables des torrents gros d'ordinaire comme des ruisseaux, la déroute — la retraite — continua à grand'peine. Acqui avait capitulé et la route de Naples pouvait se trouver coupée. Deux escadrons de cuirassiers rouvrirent le passage. On arriva à Gastel di Sangro. Ce fut là que, le 1 1 , Belliard rejoignit le roi : « Eh bien ! lui dit Murât, mon brave Belliard, tu viens donc mourir avec moi ! »
Les nouvelles que Belliard apportait de Naples étaient moins mauvaises qu'on n'eût pu les attendre. Sans doute, les Anglais avaient, par surprise, attaqué dans le golfe, la frégate française la Melpomène, l'avaient criblée de leurs boulets et s'en étaient emparés à la vue de la population entière de la capitale; mais la reine, avec une activité raisonnée