‹ Napoleon et sa famille (volume 4)Chapitre 67 sur 106 · MURAT. — LA DÉROUTE · texte numérisé non relu

MURAT. — LA DÉROUTE

cl froide, un caractère qui se haussait naturellement aux circonstances, avait pris des mesures « pour arrêter la colonne autrichienne venant de Rome, pour couvrir les dilTérentes routes et assurer la tranquillité de la capitale » ; la place, les forts étaient approvisionnés ; 5. 000 hommes de troupes, en grande partie de la garde royale, (ju'elle était parvenue à rassembler, étaient sous le général Macdonald, en route pour San Germano. La garde nationale occupait tous les postes et faisait le service avec zèle, mais il y avait tout ù craindre des Anglais dont l'escadre tenait la mer et qui déjà avaient fait des propositions.

Belliard, bien qu'il dût sentir à quel point les circonstances rendaient oiseuse sa mission et vaines les instructions dont il était muni, en fit pourtant part au roi, qui ne manqua point, pour lui répondre, de prendre à partie ses généraux, ses conseillers, la reine même, qui, osait-il dire, l'avait poussé à déclarer la guerre, et il attribua naturellement sa retraite, non pas aux échecs qu'il avait subis et au peu d'enthousiasme qu'il avait trouvé chez les Italiens, mais à la menace du gouvernement anglais de lui faire la guerre s'il ne rentrait pas dans ses Etats ; et puis il raconta cette bataille de Tolentino « qu'il devait gagner » et qu'il perdit par suite « de l'abandon de ses troupes et du manque de foi de quelques généraux et officiers ».

Belliard l'engagea à gagner du temps, disant

que l'Empereur viendrait à sou secours, qu'une armée française se réunissait sur les Alpes, que le roi devait se retirer de suite derrière le Volturne, fortifier Gapoue,y rétablir son armée. Mais Murât prétendit d'abord, avec ce qui lui restait de sa garde à San Germano, donner une leçon à une division autrichienne qui lui semblait aventurée : ce fut sa garde qui fut surprise et dispersée. Dès lors, tout espoir fut perdu, l'armée se débanda, les soldats, se répandant à travers pays, pillaient les villages et tuaient les officiers. Les généi'aux n'étaient rien moins que sûrs et il était à craindre qu'ils ne traitassent pour leur compte avec l'ennemi. Certains trouvaient le moment opportun pour parler de constitution parlementaire, comme si le malheureux régime, déjà moribond, avait besoin par surcroît de ces germes de mort. On parlait politique, on discutait la réunion d'un parlement, on perdait son temps. Les Autrichiens à un moment, signifièrent qu'ils en avaient assez ; ils prononcèrent un mouvement par la droite et par la gauche pour menacer le quartier général qui était à Gaserte : le roi n'avait plus que la ressource de rentrer à Naples où il arriva à neuf heures du soir. « 11 fut reçu avec enthousiasme dans la rue de Tolède, raconte Belliard, et, quand il descendit de voiture à la porte de son palais, la garde nationale l'enleva et le porta dans ses appartements. » C'était de style.

Mais que trouvait-il en rentrant dans sa capitale ?

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