MURAT. — CAROLINE A TRIESTE
ExmoLith, à me prévaloir de la convention pour les propriétés particulières et de grande valeur que j'ai dans le royaume et que j'ai laissées dans les palais. De tels intérêts, dans les circonstances présentes, ne sont pas dignes de m'occuper. » Lord Exmouth n'entendait pas un tel langage, et, lorsque Neipperg, le Xeipperg de Marie-Louise, le Neipperg du traité de Naples, se présentant à présent au nom de l'Autriche comme un général victorieux, vint réclamer, de lord Exmouth, la reine de Naples comme sa prisonnière, lord Exmouth, au nom de l'Angleterre, accéda. Neipperg signifia que la reine irait attendre à Trieste les instructions de l'empereur d'Autriche. Lord Exmouth acquiesça et chargea le Tremendous de cette mission honorable. Le Tremendous passa donc à Gaète pour y prendre les princes et, de là, fit voile pour Trieste. En mer, dit-on, on rencontra le vaisseau, anglais aussi, sur lequel était embarqué le roi Bourbon et, au moment de le saluer de son artillerie, le commandant fit prévenir la reine pour qu'elle ne s'alarmât point. « Croyez-vous, aurait-elle répondu, que ce bruit puisse déplaire aux oreilles d'une Bonaparte. »
Que lui importe? Elle songe. Comment sortir de là ? Un retour complet de la fortune fraternelle ? C'est bien improbable : et puis, quelle que soit la magnanimité de Napoléon, comment agirait-il? Il faut, d'abord, qu'elle se mette au mieux avec les Autrichiens. Ils sont la ressource du moment et de l'avenir. On sait à Vienne qu'elle a été résolument
hostile à l'équipée de Murât et Mier peut le certifier. On ne refusera donc pas d'insister à Naples, où l'Autriche est chez elle, pour que les Bourbons, ainsi que Campbell Ta assuré et que Neipperg l'a garanti, lui rendent les objets qui sont sa propriété personnelle, peut-être les biens domaniaux qui lui appartiennent ; car elle se trouve dans une situation toute spéciale : son mari et elle ayant, par le traité de Bayonne, échangé à FEmpereur tous les biens qu'ils avaient en France — l'Elysée, Neuilly et La Mothe-Sainte-Héraye, — contre le domaine privé que Napoléon, lors de l'institution du royaume, s'y était réservé. Elle ne possède donc que ce quelle a emporté avec elle : ses bijoux et quelques tableaux. L'ex-ministre de la Guerre, Macdonald, qui l'accompagne, n'est pas mieux nanti. Seul Agar comte de Mosbourg, qui est aussi à bord, a de quoi vivre, il a placé en France le produit de ses économies de Berg et de Naples.
Arrivée à Trieste le 6 juin, la reine Caroline, qui ne devait plus être que la comtesse de Lipona (Lipona : Napoli), écrivit à l'empereur d'Autriche : « Je viens d'arriver à Trieste et c'est ma confiance dans le noble caractère de Votre Majesté qui m'y a conduite. » Le Tremendous aussi. Elle se recommandait à Metternich, lequel, la prévenant, lui écrivit le 7 : « Nous avons été informé par le général en chef de l'armée impériale dans le royaume de Naples de l'arrangement en vertu du-