‹ Napoleon et sa famille (volume 4)Chapitre 75 sur 106 · LETTRE DE CAROLINE A NAPOLÉON · texte numérisé non relu

LETTRE DE CAROLINE A NAPOLÉON

quel \'otre Majesté se rend, avec les princes et les princesses ses enfants et une suite nombreuse dans les Etats de Sa Majesté Impériale. L'empereur se trouvant à son quartier général et ma présence ayant été prolongée à Vienne, je me suis empressé de demander ses ordres sur les arrangements qui devront être une suite de cette disposition. Je ne me permets, en attendant l'arrivée de ces ordres, nul doute que tel lieu de séjour momentané que Votre Majesté voudra choisir sera agréé par Sa Majesté Impériale. »

Resterait-elle en Autriche ; se réfugierait-elle en France, si Napoléon daignait Ty recevoir, Caroline n'en savait rien encore. Mais au moins se proposait-elle, en vue de l'avenir, d'obtenir de son frère un pardon cjui lui permit de manœuvrer. Ainsi lui écrivait-elle le 19 juin : « Je vous supplie seulement de me juger avec bonté et de croire que si, dans ce qui s'est fait, il y a quelque chose qui déplaît à Votre Majesté, ce n'est pas à moi que vous devez l'attribuer, mais à la force des circonstances qui l'ont emporté sur mon désir de ne faire que ce qui eût pu vous convenir ou entrer dans vos vues ; je savais bien ce qu'il eût fallu que je fisse, mais il n'a pas dépendu de moi de m'y conformer, soyez-en bien persuadé, Sire, je vous en conjure. » A coup sur, elle mentait, elle était femme, mais au moins désavouait-elle Murât. C'était quelque chose. Cette lettre ne devait pas plus parvenir à l'Empereur qu'à Murât celle très affectueuse où elle lui parlait

de sa tristesse et tendrement lui demandait de ses nouvelles.

Murât, frappé au cœur par la violation de la capitulation de Napies, se trouve pris par surcroît dans une intrigue à laquelle il ne peut rien comprendre. Napoléon ne veut point qu'il se rapproche de Paris ; il lui fait savoir par Bandus qu'il doit se tenir dans les Alpes entre Grenoble et Sisteron ; Fouclié prétend qu'il s'avance au moins à michemin de Paris ; il fait annoncer, comme nouvelle positive, dans Y Indépendant du 1 1, que « le roi Joachim est dans une terre à quelque distance de Lyon ». Par le capitaine Cruchet, employé au cabinet du roi, il lui fait remettre le 17 une lettre où il l'engage à venir attendre les ordres de l'Empereur aux environs de Lyon.

Mais l'Empereur s'en est tenu aux ordres qu'il a fait donner par Bandus ; il ne les a ni révoqués ni atténués. D'ailleurs, dès qu'il est décidé à épargner à l'armée la honte d'obéir à Murât revêtu d'un grand commandement, qu'aurait-il à dire ?

Mais ce n'est point là ce qu'attend Murât. Il s'est peut-être convaincu que ce qu'il dit est vrai et que les choses se sont passées comme il l'assure. Au moins, à force de le répéter, le croit-il ou pense-t-il qu'il attrapera toujours quelqu'un, qu'il créera une légende. Ainsi écrit-il le 18 à M™"' Récamier : « J'ai

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