‹ Napoleon et sa famille (volume 4)Chapitre 93 sur 106 · JÉRÔME. — IL ARRRIVE A L'ARMÉE · texte numérisé non relu

JÉRÔME. — IL ARRRIVE A L'ARMÉE

Le prince Jérôme arriva dans la nuit du 9 au 10 à Avesnes où il devait prendre le commandement de sa division, la 6" du a*" corps.

Un ordre de l'armée annonça aux troupes que Son Altesse Impériale remplaçait le lieutenant général Rottembourg appelé à d'autres fonctions. Les deux brigades, composées des i'"'" et 2® de ligne, du 3*^ de ligne et du i'^'" léger, et commandées par les maréchaux de camp Soye et Bauduin, comptaient 7.800 baïonnettes ; les officiers étaient hommes de cœur et vieux soldats; sous la Restauration, le ,er i-éginient de ligne et le i^"" léger, dénommés régiments du roi, avaient reçu des effets neufs et

Grnuchy (t. IV), il est dit que le prince Jérôme partit dans la voiture de l'Empereur. — Cela est contredit expressément par lordie de l'armée et par le témoignage du capitaine Robinaux publié en 1906 par mon confrère M. Gust. Schlumberger. Au surplus, on ne saurait attacher qu'une importance des plus minces au récit de M. de Vatry rédigé plus de trente ans après les événements et contredit souvent par ses propres souvenirs. Ainsi, au sujet de Bourmont sur lequel il fournit deux récits, l'un dans la note citée, l'autre dans des notes manuscrites dont il couvrit un e.vemplaire de la Vie du général Drouoi par AoUet appartenant avijourd'hui à mon neveu le commandant Lefehvre de Béhanie. M. de Vatry annonce pourtant avoir reçu de Bourmont, peu de jours avant qu'il passât à l'ennemi, une lettre écrite de Metz « si enthousiaste que, pour justifier sa confiance en lui, le maréchal Gérard a voulu la faire figurer dans ses mémoires. Je la réclame aujourd'hui, ajoute M. de Vatry, de son neveu le comte Henri de L'Aigle, son aide de camp, et de sa respectable veuve, la lille du vieux sénateur, l'ex-sémillant comte de Valence ». Malheureusement la lettre n'est pas jointe.

Par ailleurs les précisions manquent tellement dans les notes de M. de Vatry que, pour en tirer argument, il faut se trouver dans le cas de pénurie du rédacteur des Mémoires du général Grouchy.

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des distinctions d'uniformes ; ils tenaient la garnison de Paris ainsi que le 2^ de ligne, régiment de la reine, et ils entrèrent en campagne bien équipés, contrairement à ce qui se produisit pour d'autres corps. La 2^ compagnie du 2® régiment d'artillerie, le i" escadron du train et une compagnie du génie complétaient la division, pauvre en artillerie, car elle n'avait que du 4 6t du 6. Au nombre des régiments que Jérôme passa en revue le 10, à la pointe du jour, sur le camp des Césars, grand plateau présentant une petite plaine au-dessous de la ville dAvesnes, était le 2* de ligne, colonel Tripe. Le prince remit lui-même au colonel le drapeau du régiment et il accepta le déjeuner champêtre qui lui fut offert. Tous les officiers y prirent part. « Pendant le déjeuner, des chansons patriotiques furent chantées par de jeunes officiers. » Certaines étaient de leur composition. Le lieutenant Sénécal en chanta une dont le refrain

était :

Mais si le Destin Nous conduit jusqu'au Rhin N'en demandons pas davantage.

Le, prince applaudit, mais « on ne lui entendit rien dire d'agréable durant le déjeuner » ; son air inquiet et pensif ne parut pas de bon augure et les officiers s'en inquiétèrent.

Le général Guilleminot n'avait pas encore rejoint et n'était pas même fixé sur sa destination; il ne le fut que le 12, où le major général lui fit confir-

JÉRÔME. — AUX QUATRE-BRAS Sig

mer, par un aide de camp de Jérôme, que, décidément, celait près de lui qu'il serait employé et il vint retrouvera SoIre-le-Château la division qui s'y était réunie tout entière et qui s'attendait dès le lendemain à combattre. Le 12, en effet, l'Empereur était arrivé à Laon ; le i3, il était venu coucher à Avesnes; le i4, jour anniversaire de Marengo et de Friedland, il lança sa proclamation aux trou[)es : « Coalisés contre nous, les princes que nous avons laissés sur le trône en veulent à l'indépendance et aux droits les plus sacrés de la France... Marchons à leur rencontre : Eux et nous, ne sommesnous plus les mêmes hommes?» On lut cette proclamation le i5 au matin aux troupes campées dans la plaine vis-à-vis de Thuin. Après l'avoir entendue, le lieutenant général de Bourmont monta à cheval avec son état-major et alla porter à l'ennemi la nouvelle qu'il allait être attaqué. « On avait proposé au prince Jérôme, a écrit le prince Napoléon \ le général Bourmont pour chef d'état-major. Jérôme se méfiant de ses antécédents de Vendéen ne voulut pas l'accepter. » Le fait ne se trouve point confirmé par des pièces officielles, mais, s'il est exact, il fait honneur à la perspicacité de Jérôme.

« Le général Reille, dit le Bulletin de l'armée, passa la Sambre à Marchiennes-au-Pont pour se porter sur Gosseliès avec les divisions du prince

' Noie mss. adressée à Pons de l'Hérault en réfutation de Yaulabelle.

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Jérôme et du général Bachelu, attaqua l'ennemi, lui fit 25o prisonniers et le poursuivit par la route de Bruxelles. » Le feu cessa à 6 heures du soir et la division prit position à Gosselies, s'avançant sur la route des Quatre-Bras.

Jérôme va avoir affaire à forte partie. Le 16, à midi seulement, sa division, formée en colonne de route, quitte Gosselies à la suite de la division Foy. 11 s'agit d'enlever le hameau des Quatre- Bras occupé par la division Perponcher, du corps du prince d'Orange. Le prince d'Orange est déterminé à se défendre à Fextrémité pour attendre les Anglais dont il espère le secours. Moyennant les retards de Ney et de Reille, il gagne du temps et atteint son but. A 3 heures, la 6'' division entre en ligne : elle a mission d'enlever la ferme du Grand- Pierre-Pont et le bois de Boussu où la brigade Jamin, de la division Foy, n'a pu mordre. Elle s'empare de la ferme, en chasse les quatre bataillons de Nassau, mais ceux-ci sont renforcés par la brigade hollandaise Van Merlen (i.ioo chevaux) et, à distance, par les douze bataillons de la division anglaise Picton. La charge de Van ^Nlerlen ayant été repoussée et reconduite par une des brigades du général de Pire, Jérôme continue, avec la brigade Soye, à travailler pour prendre le bois de Boussu aux Nassau, tout en étendant la brigade Bauduin entre le bois et la chaussée de Bruxelles.

En atteignant le bois, la brigade Soye, avec laquelle marchait le prince, se heurta aux Orangistes

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