‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 100 sur 213 · CAROLINE. — RAPPEL EN FRANCE DE MAGIIELLA · texte numérisé non relu

CAROLINE. — RAPPEL EN FRANCE DE MAGIIELLA

Sire ; je serai heureux toute ma vie, si vous permettez à votre vieux serviteur, à votre fidèle et dévoué ami d'aller visiter sou ancien général. » Il ne demande plus même un commandement; il sollicite d'aller à Paris oii, par ses instances, il arrachera au moins un sursis en faveur de Maghella qui tient tous les secrets du mouvement italique et en qui sa confiance est comme superstitieuse. Quant à Maghella, il paraît compter sur un mémoire oii il s'est justifié fort humblement, fort habilement aussi, où il a énuméré les services qu'il dit avoir rendus et où il a protesté de ses bonnes intentions : cela ne doit lui servir à rien. Son mémoire, arrivé à Paris le 1" avril, a été mis aussitôt sous les yeux de l'Empereur, et le 2, le Grand juge, duc de Massa, a répondu : « Sa Majesté m'a ordonné de vous faire connaître que son ordre est irrévocable et qu'elle entend qu'à la réception de ma lettre, vous ayez à rentrer incontinent en France, sans que vous puissiez vous en dispenser par quelque motif ou prétexte que ce soit, sous peine de désobéissance. Au reste, l'Empereur veut bien oublier la conduite que vous avez tenue à Naples, espérant que vous vous comporterez en France de manière à ne pas l'en faire ressouvenir. Sa Majesté me charge de plus de vous faire connaître que le temps des intrigues, des cabales et des révolutions est passé et que ceux qui veulent remuer le paieront de leur tête. Ce sont les propres expressions de l'Empereur. »

Que va faire Murât à l'arrivée de cette lettre? A Rome, « on croit que M. Maghella renoncera à sa

qualité de Français et aura assez d'empire sur le roi iiour conserver sa place », mais, perdre sa couronne pour Maghella, Murât n'y peut penser. Pérignon commande à Naples ; Grenier tient Gaëte ; en deux jours, le Corps d'observation renverserait sans combat la monarchie. Murât se soumet; Maghella comblé, — 200000 francs comptant, des terres de 23000 francs de revenu avec autorisation de les aliéner, 30 000 francs de traitement annuel conservé — part de Naples le 12, il sera le 23 à Paris et se présentera le 24 à l'audience du Grand juge.

Quant à Murât, il est rassuré; il vient de recevoir, par Caroline, l'autorisation de venir à Paris. Le 15, le voyage est décidé; tout est prêt; les chevaux sont commandés sur la route ; déjà un service de quatre personnes est expédié. Le 16 au matin, le roi passera en revue quatre régiments ; ensuite, il tiendra son conseil ; dans la soirée, il recevra toutes les personnes de la Cour et il partira ensuite en droiture pour Paris, incognito, sous le nom de comte de Calabre. Le 15 au soir, changement à vue, le roi se renferme, se dit malade, contremande les chevaux sur la route de Paris, en fait envoyer sur la route de Calabre — la Calabre étant menacée par les Anglais. Il a reçu des dépèches du duc de Carignano, qui admis, le dimanche 5, à présenter ses lettres de créance, a été mal reçu par l'Empereur qui, doutant encore si Maghella et Murât se soumettront, n'a pas dissimulé son mécontentement.

Mais, soit qu'il ait reçu de nouvelles lettres de

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