‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 101 sur 213 · CAROLINE. — MURAT PART POUR PARIS · texte numérisé non relu

CAROLINE. — MURAT PART POUR PARIS

Caroline, soit qu'il se soit raisonné lui-même, Murah ne se lient pas au voyage de Galabre. Le 23, il écrit à l'Empereur : « Sire, sur l'invitation de la reine, je fis de suite partir mes équipages pour Paris. J'allais m'y rendre moi-même lorsque je reçus le rapport du duc de Garignano sur l'accueil peu favorable qu'il avait reçu de Votre Majesté. Ce rapport m'apprenait que vous conserviez, Sire, les mêmes préventions contre moi et contre mon gouvernement. Je changeai de suite de résolution. J'écrivis à la reine que je ne partirais que quand j'aurais reçu directement de Votre Majesté ses dernières résolutions. Sire, cette détermination était irrévocable parce qu'elle avait été bien méditée et que je m'étais convaincu que Votre Majesté ne reviendrait pas de ses préventions et que la reine n'avait arraché de Votre Majesté l'autorisation de me rendre près d'elle qu'à force d'importunités ; j'attendais donc la réponse de la reine, lorsque j'ai été informé par des personnes dignes de foi et exclusivement dévouées à Votre Majesté que vous aviez soupçonné ma fidélité ; que vous m'aviez cru assez lâche pour vouloir éviter de faire la guerre et attendre des chances favorables pour pouvoir me soustraire à votre influence et me rendre indépendant. Sire, ce soupçon qui vous a été donné par vos ennemis, plutôt que par les miens, vient de me rendre toute mon énergie, toute mon âme. Je n'hésite plus à me rendre près de vous, vous serez alors le maître et de ma personne et de mes prétendus projets. Fort de ma conscience, je ne crains que

votre inimitié et j'irai vous demander justice ou cesser de vivre. Celui qui se fait gloire d'être votre ouvrage, qui vous appartient par tant de liens, qui vous demande tous les jours d'aller combattre pour votre service, ne peut avoir conçu de lâches projets, ne doit pas même en être soupçonné... »

Trois jours plus tard, le 26, au moment de monter en voiture, il dit à Durant ." « Je vais à Paris ; j'y serai avant huit jours. J'espère y trouver l'Empereur, je lui porte mon cœur, ma tête. Je me mels absolument dans sa main. Je vais lui déclarer que, s'il fait la guerre, je ne le quitte pas, que je veux à tout prix reconquérir son afTection, sa confiance et ne re\enir à Naples qu'avec la force et la considération que peuvent seuls me donner les sentiments de l'Empereur à mon égard. »

Le 27, à six heures du soir, il traverse Rome, sans s'arrêter que pour changer de chevaux à la place du Peuple ; c'est dans sa voiture qu'il donne audience au général Miollis et au sénateur Hédouville. Le 4 mai, il arrive à Paris, devançant de quarante -huit heures l'estafette qui met dix jours, et, tout de suite, il vient rejoindre au pavillon d'Italie, dans le parc Saint-Gloud, la reine qui y est établie depuis le l®"" avril. Le soir même, il voit l'Empereur et la réconciliation est accomplie.

Joseph, en quittant Paris le 16 juin, n'a point emporté ce qu'il était venu chercher : le commandement en chef « direct et absolu » sur les Armées du Nord,

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