‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 103 sur 213 · JOSEPH. — ATTEND LA CONFIRMATION PAR ÉCRIT · texte numérisé non relu

JOSEPH. — ATTEND LA CONFIRMATION PAR ÉCRIT

l'Armée du Nord et « que l'Empereur verra avec plaisir employé comme gouverneur de Madrid ». L'Empereur compte que le roi fera ses efforts pour seconder le duc de Raguse, qu'il l'appuiera de deux à trois mille hommes d'infanterie, dix-huit cents chevaux, quinze à dix-huit bouches à feu ; alors que restera-t-il à l'Armée du Centre, l'armée que le roi commande et qui, elle seule, fait son royaume? Sans doute, l'Empereur promet des secours en hommes, mais à la condition qu'on cesse, dans les autres armées, de retenir au passage ce qui est destiné à l'Armée du Midi; or ces bataillons que Joseph a retenus font le meilleur de son armée. Et encore l'Empereur demande que, après son arrivée à Madrid, le roi aille passer en revue l'Armée de Portugal. A quoi bon, puisque Joseph ne la commande pas?

Le plus grave est que dans les lettres qu'il a écrites aux différents commandants d'armée et qu'il communique au roi, Berthier ne dit rien ni du rapport quotidien à envoyer à Madrid, ni du quart des contributions à réserver à Joseph. Bon pour les honneurs à lui rendre, les escortes à lui fournir, les réunions de notables à tolérer, la justice rendue en son nom, le droit de gracier « les individus condamnés par les tribunaux », le droit de nommer aux places du clergé ; mais pour le reste, quelle espérance garder après les lettres de Berthier : « Quant à l'administration du pays, écrit-il, elle doit continuer à marcher dans la direction donnée par les instructions et les ordres de l'Empereur : les fonds doivent être destinés aux

besoins de l'armée, à l'entretien des hôpitaux et vous devez défendre et empêcher toute espèce d'abus. Le roi ayant, plus particulièrement encore que vous, les moyens de connaître les abus qui ont lieu, l'Empereur ordonne que vous profitiez des lumières que le roi pourra vous donner à cet égard pour les réprimer. Il est nécessaire que vous me fassiez connaître le budget des ressources et des dépenses, afin de faire connaître la partie des revenus qui pourra être versée à Madrid, dans la caisse du Gouvernement, pour le service du roi et pour l'Armée du Centre. » Ainsi, ce sont les commandants d'armée qui^ont établis les juges de leurs besoins et bien qu'ils doivent donner des renseignements sur les recettes et les dépenses, « si le roi juge à propos de tenir près d'eux un commissaire espagnol » à cet efTet, on peut d'avance être assuré que, du quart des contributions, pas un maravédis n'entrera dans le Trésor de Madrid.

Joseph relève ces contradictions entre les promesses et leurs effets; il refuse Jourdan comme gouverneur de j\[adrid : « Il est naturel, écrit-il, que, dans la capitale du roi d'Espagne, lorsque la garnison est espagnole, que la garde nationale est espagnole, le poste de commandant de ces troupes soit occupé par un Espagnol ou par un Français au service de l'Espagne. » Il a gagné à Paris que Belliard ne fût pas rétabli dans cette fonction où, malgré les ordres de l'Empereur, il l'a remplacé par Lafon- Blaniac, officier de sa maison et général espagnol, il lutte pour que Jourdan, malgré la confiance qu'il

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