JOSEPH. — SES INSTANCES 24S
lui témoigne, n'y vienne pas. Accepter un maréchal d'Empire pour gouverneur de la capitale, ce serait reconnaître la suzeraineté de l'Empereur : c'est juste pour un Murât qui a reçu Pérignon pour gouverneur de Naples, mais le roi d'Espagne!
Il réclame au sujet du quart des contributions, mais sans grand espoir : « Quoiqu'il en soit, dit-il, je ferai ce que je pourrai, mais je n'ai pas dans le succès la confiance que j'avais montrée en arrivant à Paris et que j'eusse conservée plus que jamais si j'avais obtenu ce que j'avais demandé... Je suis toujours calme et imperturbable et peut-être les événements surpasseront mon attente. » Mais, au moins, qu'on soit régulier pour le versement des subsides promis. « Tous s'accordent à dire, écrit-il le 24 à l'Empereur, que les armées ont besoin d'argent , que les peuples sont épuisés, que les insurgés en reçoivent beaucoup de l'Angleterre. » A Mollien, le ministre du Trésor, il écrit en faisant un pressant appel à son ancien attachement : « Vous épargnerez le sang français en augmentant mes moyens d'attaque et de défense. » A l'Empereur, le 26, à la veille de franchir la Bidassoa : « Les Anglais font des sacrifices de tous les genres en Espagne et en Portugal : Je supplie Votre Majesté de me permettre de lui rappeler combien il importe que l'argent que la France doit verser à l'Espagne soit envoyé le plus tôt possible. Pour ce qui me regarde, je vois bien que je ne puis pas compter sur une p9.rt aliquote des contributions des provinces. Si Votre Majesté préférait de me faire envoyer directe-
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ment un million de francs par mois, en sus de celui dont elle a arrêté l'avance, celle mesure serait plus profitable pour tous et l'elTet en serait plus efficace parce qu'il serait sûr et prompt. Que Votre Majesté, ajoute-t-il, pense que la Manche est sans troupes, que les ennemis vont former une armée de 20000 hommes dans les provinces du Centre, qu'ils recruteront partout Espagnols, Français même, Allemands, Italiens à force d'argent. Il faut que tous les corps soient tenus au courant, que l'argent ne manque pas. »
Dès que ce sont les Anglais qui sont les adversaires, il faut s'attendre que la cavalerie de Saint-Georges entre en bataille; elle fait le corps principal d'une armée qui n'a vraisemblablement d'anglais que le drapeau, les généraux, les cadres, et quelques régiments privilégiés. Les Anglais achètent des soldats, des forteresses, même des victoires et paient leur gloire en guinées. Chaque année, la guerre de la Péninsule leur coûte, assure-t-on, vingt-cinq millions de livres sterling : 625 millions de francs : cela fait de l'illustration un peu chère. De France, du Trésor impérial, il sort environ 40 millions de francs : même doublée, portée à iOO millions par les contributions utilement perçues en Espagne, la somme ne va pas au sixième de celle fournie par la Grande-Bretagne. Les troupes impériales, maintenant que les contingents alliés sont presque épuisés par la désertion ou par les fatigues des campagnes, sont sans doute composées presque uniquement de Français ; les soldats impériaux, servant par obligation ou par