‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 107 sur 213 · JOSEPH- — L'ARGENT N'ARRIVE PAS · texte numérisé non relu

JOSEPH- — L'ARGENT N'ARRIVE PAS

tement du Liamone : Sa Majesté Catholique, pour avoir de bons députés, doit y mettre le prix, et l'argent n'arrive toujours pas.

Le 2 août, voici enfin qu'il est annoncé. Berthier écrit que, le 7 juillet, l'Empereur a envoyé huit millions en Espagne, mais, de ces huit, un seul est pour le roi : 500 000 francs de juin, 500 000 de juillet, et il a demandé vingt millions ! 500 000 francs, ce n'est ni de quoi vivre, ni de quoi solder des bandes, ni de quoi entretenir une armée, ni de quoi élire des Gortès. Pour juin, soit! c'est ce que l'Empereur a promis; mais, pour juillet, il y a sûrement eu confusion : c'est un million qui fut promis. « Je prie Votre Altesse, écrit Joseph à Berthier, de faire rectifier cette erreur qui m'est si préjudiciable, dans le premier envoi. Rappelez aussi à l'Empereur, je vous prie, que ne recevant rien du Midi, du Nord et de l'Aragon, contre son intention, il est plus que temps de remplacer ce déficit par un million de plus que la Trésorerie enverrait de moins aux trois armées qui occupent ces arrondissements. »

Les 500 000 francs sont annoncés, mais ce n'est pas à dire qu'ils soient arrivés et tout le mois d'août se passe à les attendre. A chaque courrier, Joseph réclame, il implore, il supplie, il annonce tout ce qu'il aurait pu faire et tout ce qu'il manque : « Si j'avais reçu les secours qui m'ont été promis à Paris, j'aurais dix mille Espagnols au lieu de cinq mille... Un million de francs peut remplacer mille hommes de troupes françaises. » Gomme il l'écrit à l'Empereur

le 17, « depuis son départ de Paris, il n'a reçu aucun secours en argent, aucune instruction, rien qui réalise les promesses qui lui ont été faites, aucun rapport d'aucun général, de manière qu'il est aujourd'hui pire qu'avant son départ de Madrid, puisque toutes les plus petites ressources ont été usées, que l'Armée de Portugal détruit tous les moyens qu'il avait d'exister, que la récolte est mauvaise et que les troupes française diminuent sans qu'il puisse les remplacer par lies espagnoles, puisqu'il n'a même pas l'argent nécessaire pour solder sa maison et sa garde, à qui il est dû dix mois de solde ». Le 22, il écrit à Berthier : « Si cet état de choses continue, avant six mois, nous évacuerons l'Espagne faute de vivres. L'ennemi n'épargne pas l'argent. Quant à moi, pour tout vous dire d'un mot, je ne sais pas comment je paierai ma table dans huit jours, et, pour mes employés, c'est encore pire... »

Le million arrive à la fin ; en retard de trois mois pour une moitié, de deux pour l'autre. Rien de plus que les 500 000 francs par mois : car, malgré tout ce qu'ils tirent chacun de leur arrondissement, les généraux se plaignent constamment et Soult, disposant de toutes les ressources de l'Andalousie, est le plus bruyant pour crier misère et réclamer des secours. L'Empereur s'y laisse prendre, augmenterait plutôt la part de ses soldats en diminuant celle qu'il fait au roi sur les quatre millions que, presque chaque mois, il engloutit en Espagne : mais, pour donnera Joseph un peu d'espoir, il fait briller à ses yeux les joyaux

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