‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 116 sur 213 · JOSEPH. — L'EMPEREUR LUI OFFRE LE COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

JOSEPH. — L'EMPEREUR LUI OFFRE LE COMMANDEMENT

le 30 septembre, est « entré dans les fonctions de la place de gouverneur », que Joseph s'est déterminé à contre-cœur à lui conférer, mais en projetant d'y joindre celles de chef d'état-major de l'Armée du Centre, ce qui lui permettrait de l'emmener au cas où il quitterait sa capitale. Alors, il mettrait sous Jourdan le général Daultanne, pour l'état-major, et le général Lafon-Blaniac pour Madrid. Sans attendre à ce sujet les ordres de l'Empereur qu'il a pourtant sollicités, il invite, le 28 octobre, Jourdan à adopter cette combinaison, « ne doutant pas que le maréchal ne se prête à ses désirs avec son rôle accoutumé », et, le 15 janvier, il décide que, seul, Jourdan donnera aux troupes les ordres de mouvement.

L'Empereur ayant, par une lettre que le roi reçoit le 24, autorisé Jourdan à prendre les fonctions de chef de l'état-major à l'Armée du Centre, Joseph, aussitôt, écrit à Berthier : « Le maréchal, qui ne. refuse ni ne sollicite aucun emploi, m'a observé que, s'il est employé aussi activement, il lui devient indispensable d'être traité comme les autres maréchaux qui ont 200 000 francs, lui n'en ayant que. 100 000. L'Empereur sentira la justice de cette réclamation fondée sous tous les rapports. » Ainsi, Jourdan, qui s'est contenté de 100 000 francs, du 28 octobre au 24 janvier, lorsqu'il était nommé par le roi aux fonctions de chef d'état-major, en veut 100 000 de plus dès que l'Empereur a donné son autorisation. Qu'on ajoute les rations, frais de table, etc, ; cela rend un peu chers les services du chef d'état-major d'une armée vu. 18

de 7 000 hommes. Joseph trouve que c'est tout juste : la France est bonne pour payer.

Le marchanclag-e devient bien plus âpre encore lorsque Joseph ayant reçu, le 13 mars, la lettre de Berthier, écrit à Jourdan pour lui exprimer « le désir de connaître sa façon de penser » au sujet de la proposition qui lui est faite de prendre la direction de l'état-major « de toutes les armées en Espagne ». Si c'étaient des pouvoirs, de l'autorité, des droits sur les autres maréchaux que Jourdan réclamât, nul n'y trouverait à redire. L'expérience qu'il a faite en 1809 était concluante ; mais, s'il n'a pas réussi alors « à servir utilement Sa Majesté l'Empereur dans cet emploi », c'est « qu'il n'était pas entouré de la considération nécessaire », et, ce qu'il deinande, ce que demande Joseph pour lui, c'est « que l'Empereur fasse quelque chose pour ce maréchal afin qu'il puisse se servir avec utilité dans la place où il se trouverait ». Ce quelque chose n'est pas de l'argent, puisque l'Empereur a accordé les 200 000 francs (40 000 comme maréchal, 60 000 comme gouverneur de Madrid, 100 000 d'extraordinaire) — les autres ayant 40 000^ comme maréchaux, 40 000 comme commandants en chef et 120 000 d'extraordinaire, — mais un titre de duc, sûrement celui de duc de Fleurus, tant convoité.

En même temps que Jourdan se marchande parce qu'il se sait nécessaire, étant le seul chef d'étatmajor que le roi puisse supporter, Joseph qui, de son côté, se croit indispensable, pose des conditions dont il s'est bien gardé de parler jusque-là. Le 23 mars

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