LUTTE DE L'EMPEREUR ET DU SACRÉ COLLÈGE
Sacré Collège. De ceux-là, neuf sont nés dans le royaume de Naples,ils ignorent aussi bien Murât qu'ils ont ignoré Joseph et demeurent à Rome les fidèles serviteurs des Bourbons. Contre ces neuf, les quatre cardinaux français — en admettant qu'on prenne pour Français Maury et Bayane qui ont été nommés par le Pape motu proprio, — les trois espagnols, l'autrichien et le portugais, même unanimes, sont frappés d'impuissance. Les votes des prétendus sujets de Murât annulent les voles de tous les Européens et, de la Sicile où elle règne sous le nom de Ferdinand, l'Angleterre hérétique, sans ralentir ses persécutions contre ses catholiques indigènes, est mieux placée pour influer sur le gouvernement de l'Eglise catholique que tous les souverains réunis et toutes les nations catholiques de l'Europe.
Si, conformément à l'équité, cette proportion est modifiée de façon que les nations catholiques obtiennent, dans le Sacré Collège, une représentation calculée sur leur population et sur les intérêts qu'elles ont à débattre, la direction exclusive échappe aux aristocrates italiens qui se perpétuent dans les places et en tirent des profils de tous les genres. Napoléon €st en droit de réclamer, comme il fit, Irente chapeaux à sa nomination pour ses sujets de France et d'Italie, mais c'est assez, que la proposition en ait été faite pour que le Sacré Collège ne le pardonne jamais.
De là, un nouveau conflit qui, pas plus que le premier, n'intéresse le dogme, la doctrine, même la disci-
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pline de l'Eglise et qui ne prend un air d'importance que par la confusion établie, au bénéfice de quelquesuns, entre le temporel et le spirituel.
La logique consiste donc pour Napoléon, qui est simpliste, à libérer celui-ci de celui-là, à trouver une formule telle que les ministres de la Religion, à tous les degrés, se trouvent, comme en France à la suite de la Révolution et du Concordat, nettement enfermés dans leur devoir de prêtres, citoyens d'une nation et sujets d'un Elal. Le Pape doit-il bénéficier d'un régime particulier? Sans doute, mais Napoléon est conquérant, il est ambitieux, il voit plus loin que tout autre. Il sent quelle puissance acquerra la nation qui tiendra chez elle le Pape, qui l'aura à elle, non comme prisonnier, mais comme citoyen, qui, non par la violence, mais par la Conciliation, obtiendra, de lui et par lui, une suprématie virtuelle sur les autres nations catholiques, qui disposera pour ses desseins des ressources morales et matérielles de la Propagande et qui, en se faisant attribuer la protection des Catholiques en pays de Missions, trouvera partout à sa dévotion des agents et des serviteurs ; il sent quelle puissance acquerra, dans l'univers entier, la nation qui fournira la majorité dans le Sacré Collège et qui, par là, sera maîtresse de l'élection du Pape.
Ce rôle appartient à la Grande Nation ; il appartient au successeur de Cbarlemagne. Napoléon établira donc le Pape au milieu du système impérial qui comprend les sept huitièmes des Catholiques du monde entier et il utilisera, à l'intérieur et à l'extérieur, en Europe