‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 133 sur 213 · JEROME. — IL DÉCIDE SON DÉPART · texte numérisé non relu

JEROME. — IL DÉCIDE SON DÉPART

motifs. Croyez que tout est à jour; je vous rendrai justice quand vous le mériterez, mais, jusqu'à cette heure, je suis bien mécontent de tous les motifs qui vous dictent ces petites mesures. )> Et il conclut pourtant : « Agissez vigoureusement et vivement et ne rougissez pas de consulter sur ce que vous ne savez pas. Elevez-vous à la hauteur des succès et du bien de l'armée, et étouffez toutes les petites vues secondaires. »

Cette exhortation ne répare point la blessure faite à la vanité de Jérôme. Sur cette lettre, il prend son parti. En même temps que, de Bielitza, le 9, à six heures du matin, il écrit à l'Empereur : « Les reproches que Votre Majesté me fait ne sont nullement mérités. Ce qui m'afflige le plus, c'est de n'avoir point, avec la meilleure volonté, rempli ses intentions », il écrit à Catherine : « Les Anglais, dit-on, veulent faire une descente; dès lors, après que j'aurai jeté Bagration de l'autre côté du Dnieper, ou l'aurai battu, je pense qu'il serait possible que TEmpereur voulût m'envoyer avec mon armée, ou avec celle qui se forme contre eux, pour défendre le Hanovre et mes Etats. »

Ainsi, le 9 juillet, Jérôme a formé sa résolution de quitter l'armée. Déjà, il en a marqué des indices, à présent il la montre nettement. Las de la guerre active qu'on veut lui faire faire et des semonces qu'il s'attire en ne la faisant pas, dégoûté par avance d'un royaume « qui est au bout du monde » et dont on ne lui a pas même offert la couronne, il n'attend, ne

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cherche, ne rêve qu'un prétexte pour se retirer. Si ce n'est pas celui des Anglais, ce sera un autre, n'importe lequel.

L'Empereur, de son côté, reconnaît la faute qu'il a commise en confiant des opérations aussi intéressantes à un tel lieutenant. Il a hâte de se débarrasser de lui pour regagner le temps et l'occasion perdus. Sur sa lettre du 9, il lui répond « durement » le 10 ', qu'il n'a qu'à s'en aller, que lui, l'Empereur, ne met aucun obstacle à son départ.

Le 10, dans un combat près de Mir, la division Rozniecki, du corps La Tour-Maubourg, perd 500 à 600 hommes, et cela parce que Jérôme à méconnu les instructions données par l'Empereur, que « le général La Tour-Maubourg ait avec lui, non seulement sa cavalerie légère, mais toute sa cavalerie et son artillerie légère ». Napoléon s'indigne : « Mandez au roi de Westphalie, écrit-il à Berthier, que je suis très mécontent de l'affaire du 10, qu'il a donné une mauvaise organisation à son armée ; que son armée est la seule qui ne fait pas son devoir; que si le général La Tour-Maubourg avait été à la tête de sa division, il aurait été le maître de la conduire convenablement ; qu'il est inouï et que c'est n'avoir pas les premières notions de la guerre que de poursuivre 6 000 Cosaques et 4 000 hommes de cavalerie de ligne, c'est-à-dire 10 à H 000 hommes de cavalerie

* Cette lettre du 10 juillet, aussi bien que celles du 16 et du 31 du même mois, n'a pu être retrouvée dans aucun dépôt public. Mais l'existence de la letlrc du 10 est attestée par la lettre de Jérôme, en date du 17, qui en rapporte certains passages.

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