JÉRÔME. — RAISONS QU'IL DO.NNE
SOUS lui, que les intérêts de l'Empereur pourraient en souffrir, qu'il lui demande donc la permission de se retirer. Il fait l'apologie de sa conduite, rejette les fautes sur Davout qui a fait manquer la campagne, reconnaît à peine qu'il a perdu un jour ou deux à Grodno, encore « par des motifs qu'il faudrait être sur les lieux pour justement apprécier », s'enorgueillit « d'avoir depuis bien réparé celte faute, « et termine par un couplet d'amour : « Que la volonté de Votre Majesté soit faite! Je n'en murmure pas; je désire seulement qu'elle soit bien persuadée que rien n'ébranlera jarnais mon amour pour elle, ni les Vjœux que je ferai toujours pour sa prospérité. » Mais, avec Berthier, il est plus franc : « Je ne puis voir dans cette disposition, écrit-il, qu'un manque total de confiance de la part de l'Empereur, une volonté bien ferme de Sa Majesté de m'humilier, surtout après ce qui s'est passé entre le prince d'Eckmiihl et moi. Je supplie Sa Majesté de daigner approuver que je me retire, j'ai la conviction qu'on appréciera un jour celui que gratuitement elle déshonore aujourd'hui. Je fais connaître aux différents généraux sous mon commandement que, d'après les ordres de l'Empereur qui m'appellent sur un autre point, ils sont désormais sous le commandement du prince d'Eckmiihl... S'il doit y avoir une bataille... j'y assisterai comme volontaire, ne conservant avec moi que ma garde qui ne fait point partie du contingent de 25000 hommes que doit fournir la Wesiphalie et reviendrai ici pour attendre les intentions de l'Empereur. Je vous avoue, mon cousin, que ce n'est
point à de pareils traitements que je m'étais attendu, mais, enfin, puisque ma destinée veut que je sois toujours méconnu et affligé par l'être auquel je suis le plus attaché, que sa volonté soit faite ! »
En même temps, lettre à Davout, très simple, annonçant seulement qu'il se démet du commandement, qu'il ne conserve avec lui que sa garde et que, s'il y a une bataille d'ici à trois jours, il y assistera pour son propre compte. Le général Marchand attendra à Neswij les ordres de Davout.
C'est pourquoi, arrêtant la poursuite, retenant ses corps d'armée, il envoie à Davout, sans les ouvrir, sans les communiquer à Marchand, les dépêches qu'il reçoit du major général. Il a dit qu'il attendrait à Nesvij les ordres de l'Empereur, que, s'il y avait bataille d'ici à trois jours, il y serait et, s'il séjourne le 15 à Nesvij, c'est bien malgré lui, parce qu'il faut cette journée pour assembler sa garde. Sa résolution est si bien prise que vainement le général Chabert, son capitaine des Gardes, et le général AUix le supplient, dans une lettre concertée, de revenir sur sa décision. Il en a fait part à la reine : « D'ailleurs, lui a-t-il écrit, la première opération de la campagne est finie et grandement finie ; l'ennemi est coupé de tous les côtés, la Pologne est entièrement évacuée et il faudra bien que les Russes fassent ce que veut l'Empereur. »
Le 16, avec toute sa garde, il commence sa marche rétrogrades le 17, il reçoit à Turczec une lettre de
* 11 peut paraître inutile dans l'état actuel de la documentation d'insister sur les contradictions qui s'élèvent enire les MémoU'es pour