JEROME. — LETTRE A L'EMPEREUR
l'Empereur en réponse à celle qu'il lui a adressée le 14 \ et il répond : « J'ai quitté Nesvij ayant été prévenu que les Autrichiens allaient y arriver; «c'est le prétexte ; il ajoute : « La manière dont j'ai reçu l'ordre d'être sous le commandement du prince d'Eckmûhl sans en avoir été prévenu ni par Votre Majesté, ni par le prince de Neuchatel, la lettre dure que Votre Majesté m'a écrite en date du 10, dans laquelle elle me disait que je n'avais qu'à m'en aller, qu'elle ne mettait pas d'obstacle à mon départ, l'extrême inimitié que le prince d'Eckmûhl m'a toujours portée, le mésentendu qui avait existé entre ce prince et moi avant l'arrivée de Votre Majesté à l'armée et enfin le malheur que j'avais de ne m'attirer que des reproches et de ne jamais réussir à contenter Votre Majesté, malgré ma bonne volonté, tout m'a fait croire qu'elle voulait que je quittasse mon commandement comme elle semblait mêle dire dans sa lettre du 10. »
Voilà la vérité qui se fait jour : Jérôme commence à s'apercevoir de la faute qu'il a commise: « Dieu m'est témoin, Sire, écrit-il, que jamais une mauvaise idée n'est entrée dans mon àme et que vous etl'hon-
servir la campagne de 1812 en Russie, publiés par M. du Casse sous l'inspiration du Roi Jérôme et les Mémoires du Roi Jérôme publiés sous l'inspiration et avec la constante surveillance du Prince ÎSapoléon. Ceux-ci (V. 419) réduisent à néant la version accréditée par ceux-là (p. 189) d'une réponse de Jérôme à Davout, difTérente de celle donnée ci-dessus d'après L. G. F. Campagne de Russie p. 480 et d'une seconde lettre de Davout « plus inconvenante encore que la première », qui aurait achevé de déterminer Jérôme à partir. On verra plus loin que Davout, tout au contraire, a fait, pour retenir Jérôme, des elïorts qui ont dû singulièrement lui coûter.
' Cette lettre de l'Empereur n'a été retrouvée dans aucun des dépôts des Archives d'Ltat.