‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 139 sur 213 · JEROME. — RENTRÉE A VARSOVIE · texte numérisé non relu

JEROME. — RENTRÉE A VARSOVIE

Que dit cette lettre? Jérôaie s'empresse d'annoncer à la reine qu'elle est très satisfaisante. « Sa Majesté, écrit-il, paraît s'être convaincue que je ne pouvais faire autrement, m'engage à retourner dans mes Etats ' avec mes gardes du corps, mais met pour condition que rien ne transpirera, et que je dirai, et tu dois dire toi-même, que ma santé n'a pu supporter le climat, » Ce sera là son Ihème. « Le courrier qui a déterminé son départ accéléré de Varsovie lui a porté l'assurance qu'il est au mieux avec l'Empereur et bientôt on enverra des preuves ». On ne les verra jamais: L'Empereur n'a consenti ni à confier un commandement d'armée à l'ancien commandant de l'Aile droite, ni à simuler à contretemps des inquiétudes sur une descente anglaise. Ceux qui sont revenus avec Jérôme, qui tous le blâment et cherchent à se disculper d'y avoir influé en quoi que ce soit, connaissent le contenu de cette lettre « par laquelle il dit avoir reçu de si heureuses assurances » et ils n'ont point d'illusion. A défaut de la lettre de l'Empereur, l'on a d'ailleurs la version officielle, diplomatique et peu véridique, telle que le duc de Bassano l'a adressée de AVilna au baron Reinhard, ce même jour 31 juillet : par les faussetés qu'elle contient, elle prouve que si l'Empereur n'a point condescendu à ce que sollicitait son frère, il a pris tout de même quelque soin de le ménager. « Le roi, écrit Maret, a eu des torts qui le mettent dans une position très pénible. Lorsque son armée s'est trouvée réunie à celle du prince d'Eckmiihl, ainsi que l'armée polonaise, le maréchal Davout a eu

le commandement de toutes les forces qui se trouvaient ainsi rassemblées. Une armée de 120.000 hommes exigeait un chef d'une grande expérience et tous les avantages de cette nature appartenaient certainement au prince d'Eckmlihl. Le roi a aussitôt déclaré que, s'il n'avait pas le commandement, il se retirerait. liCS représentations de Sa Majesté qui n'aurait pu céder à des considérations et à des affections particulières sans exposer de grands intérêts, n^ont pas produit d'effet. Le roi a oublié que, lorsqu'il demanda à servir, il fut bien entendu qu'il ne serait pas roi à l'armée et il a persisté à l'être. Il va partir et il a dû recevoir à Varsovie l'ordre de retourner à Gassel. »

Le second séjour à Varsovie, au milieu des angoisses de l'attente, a été singulièrement moins agréable que le premier. Il a fallu disputer à de Pradt la possession du palais de Briihl. Les Polonais, voyant la disgrâce du roi, se sont permis des médisances de toute sorte et ont plaisanté à Tenvi sur la dysenterie dont on le disait atteint. « L'insolence était poussée au point d'envoyer un commisaire dans les écuries où étaient ses chevaux pour chercher s'il se s'en trouvait pas qui appartinssent à des Polonais. » Il est vrai que, dans les entours de Jérôme, on savait user du droit de réquisition. Ainsi, Marinville, chargé de ramener à Cassel la voiture de voyage de Sa Majesté, le fourgon de la garde-robe, un vélocifère et une calèche, pour quoi il faudrait, par poste, trente quatre cheveaux et dix postillons, coûtant ensemble 34 thalers 46 groschen, fait tout ce retour en frappant de réquisi-

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