‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 141 sur 213 · MLIUAT. — SA SUITE, SON LUXE · texte numérisé non relu

MLIUAT. — SA SUITE, SON LUXE

bigarrure dans son Elat-major, qui est immense; car, officiers d'ordonnance, écuyers, pages^ tout marche et fait figure de soldat.

Grand luxe de table, deux services de bouche et « le fameux Laguépière avec toute sa suite », engagé à Paris pour la durée de la guerre. « Je ne voudrais pas, écrit Murât à Belliarcl,me coucher sans souper, comme cela m'est souvent arrivé dans la dernière campagne. » Trois tables donc : la table du roi, la table du service d'honneur, tenue par le grand maréchal, où mangent tous les officiers civils et militaires de la maison, le secrétaire intime Lechat, et le médecin, et une troisième table, tenue par le maréchal des logis du Palais, oii mangent les trois autres secrétaires : Plichon, de Coussy et Petetin, les pages et Fécuyer commandant l'escorte; partout la cuisine si bonne et les vivres si abondants que c'est fête de venir en ordonnance au quartier du roi. Le nombre est immense des domestiques, valets de chambre italiens et français, valets de pied, cochers, courriers, palefreniers, mais, sous la direction de Lechat, intendant avant d'être secrétaire intime, il y a le plus d'ordre et le moins de gaspillage possible. Le roi, a-t-on raconté, a amené en Russie un fourgon énorme rempli de parfums et de bouteilles d'odeurs, de pots de pommade, de sachets et de cosmétiques : n'était-ce pas de quoi réhabiliter le: hommes « musqués» qui passaient jusque-là pour femmelettes? Il « a porté des costumes qui semblent imaginés plutôtpourla comédie que pour la bataille » ; ainsi se présente-t-il coiffé, sur ses che-

veux long-s bouclés, d'un grand chapeau à trois cornes, bordé d'un large galon d'or, piqué d'un plumet blanc que surmonte une aigrette blanche très haute entourée d'autres panaches ; serré dans une tunique bleu ciel, brodée d'or à larges brandebourgs que traversent deux grands coi'dons au moins et sur laquelle est passée une polonaise de velours écarlate, chamarrée d'or et garnie de fourrures; culotté d'un pantalon cramoisi à la polonaise galonné d'or ; chaussé de bottes jaunes ; mais « il ne se tire pas un coup de fusil qu'il n'y soit ». Sa bravoure est à ce point légendaire dans les deux armées que, « lorsqu'il arrive sur la ligne des tirailleurs, le combat cesse pour un moment et, des deux côtés, on lui rend les honneurs militaires. » Il ne met point de fanfaronnade à se porter toujours où le feu est le plus vif : « Monsieur, criet-il avec son accent gascon à un officier d'ordonnance qui vient lui porter un ordre, Monsieur, retirez-vous, je vais vous faire touer ». Quant à être tué lui-même, il n'y pense pas.

De Paris qu'il a quitté le 12 mai à 11 heures du malin, « heureux de pouvoir trouver bientôt l'occasion de donner à l'Empereur des preuves de son inviolable attachement », Murât est venu en droiture à Cassel, où, en l'absence des souverains, il a fait un tour à Napoléonshohe. De là, à Berlin où il s'est trouvé le 18, et à Posen d'où il a écrit à l'Empereur le 25 : « J'attends les ordres de Votre Majesté avec la plus grande impatience », et le 26 : « Je profite du passage de M. le comte de Narbonne , aide de camp

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