‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 15 sur 213 · PREMIERES PROPOSITIONS EN 1S · texte numérisé non relu

PREMIERES PROPOSITIONS EN 1S

ter Avignon, d'accepter un palais papal à l'archevêché de Paris avec un quartier privilégié comme à Constantinople, où le corps diplomalique accrédité près de l'autorité pontificale aurait seul le droit de résider ». Le Pape a repoussé vivement celte insinuation et, autant qu'il a pu décemment, il a pressé son départ pour se soustraire à des instances qui, autrement présentées, eussent pu devenir compromettantes pour sa liberté.

L'Empereur n'a point abandonné son dessein, mais il l'a tu, lorsqu'il s'est trouvé engagé avec le Saint- Siège dans des luttes où, d'abord sur des questions de personnes, le Pape a témoigné, par un mauvais vouloir évident, son désappointement de n'avoir point obtenu, lors son voyage, les concessions temporelles qu'il avait réclamées ; où, ensuite, sur des questions de politique générale et de politique italienne, qui n'avaient rien à faire avec le spirituel, le Pape s'est présenté en agresseur. On ne sait rien encore de précis sur les négociations officielles ou officieuses engagées en 1805, en 1807, en 1809, entre le Saint-Siège et les puissances ennemies de la France ; on peut seulement distinguer que certaines démarches du Souverain Pontife se rattachent à des combinaisons analogues à celles qui, en 1792, ont fait du pape Pie Vile promoteur et l'excitateur de la coalition contre la France. Rome est resté le point de rendez-vous et le lieu d'asile des individus de toute nationalité qui conspirent la chute de la France ; sinon virtuellement, au moins moralement, le gouvernement de Rome fait

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partie de la ligue européenne. Napoléon exerce contre lui un droit de légitime défense et ses attaques prétendues ne sont que la riposte à des provocations imprudentes qui attestent, hors de propos, le passage de l'antipathie à Ihostilité.

Sans doute, au travers des questions de politique g'énérale et des questions de politique italienne, Napoléon commence à entre-croiser, sous une forme impérative, les idées que, dès 1803, il avait officieusement présentées sous une forme amicale et qui avaient motivé la proposition faite au Pape d'échanger la résidence de Rome pour celle d'Avignon ou de Paris. Il commence à se targuer de Gliarlemagne, à déclarer qu'étant son successeur, il ne laissera pas prescrire les droits qu'il tient de lui ; que la donation de Pépin peut toujours être révoquée par celui qui tient sa place et que l'autorité de l'empereur, loin de devoir être subordonnée, est, pour le temporel, la seule qui compte : doctrine gibeline. Napoléon tient vraisemblablement de son atavisme gibelin une bonne part de ses prétentions impériales. Les Bonaparte ont été des gibelins; tels ils ont été proscrits de Florence, tels ils sont restés en Corse, tel Napoléon demeure; et par combien de côtés la lutte ne sera-t-elle pas pareille? Mais cette doctrine politique gibeline n'effleure pas la spirituelle : si Napoléon n'est pas croyant — ce qui n'est nullement établi ; s'il ne pratique pas — ce qui est acquis ; en toute occasion, il demeure respectueux du dogme contre lequel il ne tolère aucune attaque, respectueux du culte auquel il

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