PAULINE. — BÈGLEMENT DE COMPTES
à son cousin Arrighi, duc de Padoue, à l'occasion de ses noces avec M"° de Montesquiou. Même a-t-elle acquitté les consultations qu'elle reçut de Corvisart en lui envoyant quelques tableaux. Tout est payé des dépenses qu'elle fit, tout est soigneusement rangé dans les deux palais et la domesticité réduite a des instructions précises pour tous les cas.
La princesse, bien qu'elle n'ait point de projets arrêtés, n'a point Tair de compter sur des obligations de paraître. Elle n'emporte point de grandes toilettes et rien que onze parures de demi-caractère ; point de diamants : des camées de Rome, de l'ambre, du corail en facettes, des hyacinthes, des topazes, des chrysolites orientales, seulement, sortant de l'ordinaire, des perles en poire, les parures d'éméraudes et perles, d'opales et perles, de topazes et perles, quelques peignes et des bracelets ; c'est la boîte aux petits bijoux, aux bijoux de campagne. Elle y joint deux portraits : celui de Madame entouré de diamants et celui du prince Camille entouré de perles.
Celui-ci est inquiétant. Pauline se reprendrait-elle à aimer Borghèse. Fi ! D'Aix, elle lui signifiera qu'elle ne veut pas plus aller à lui qu'il vienne à elle, et qu'il sont bien tous deux oii ils sont. Elle refusera les chevaux et les voitures qu'il voudra lui envoyer et lorsque, pour sa fête, il lui adressera un de ses officiers porteur de ses compliments, elle lui écrira « qu'elle le dispense de faire aucune attention à elle parce qu'elles lui pèsent ».
De son service d'honneur, Pauline emmène peu de
monde, sa dame d'honneur, M""' de Gavour, un chambellan, Clerniont-Tonnerre, une dame pour accompagner, M™® de la Turbie et la nouvelle favorite, M''^ de Qaincy. M""' de la Turbie n'est point une personne indifférente : Par un prodige d'habileté, elle est parvenue à intéresser la princesse, dont elle a réussi à conjurer la jalousie féminine, dans la campagne qu'elle mène et dont le prix se trouvera être un titre de duchesse et une immense fortune. Pauline l'a tout naturellement aidée à gagner la première manche et, en ce moment, la reconnaissance est sans borne. On a vu que, en 1808, M""® de la Turbie avait été nommée dame pour accompagner. Son mari, l'un des beaux noms du Piémont, avait, dès la formation, le 8 vendéniaire an XIII, été compris dans la Maison de l'Empereur et décoré de la clef de chambellan, enrubannée de 42 000 francs de traitement, mais, la même année, après avoir reçu l'étoile de la Légion le 27 nivôse, il avait disparu des états de paiement et s'était presque retiré à Turin. C'était là qu'on avait pris M""^ de la Turbie, lorsque Pauline devait y tenir la cour de l'Empereur. Elle la tint peu, mais les dames piémontaises vinrent faire leur service à Paris. M"'" de la Turbie y rencontra M. de Clermont-Tonnerre et se lia avec lui. M. de la Turbie s'avisa d'être jaloux et « poussa la galanterie jusqu'à faire briller aux yeux de sa belle épouse la pointe d'un stylet ». Procès; séparation de corps et de biens, divorce; mais alors, M. de la Turbie, veut enlever son nom à M"^ de Sellon. Grand émoi de la princesse qui a pris vivement parti