PAULINE. — DANS LE MIDI
Paris, une terre à son gré. Elle ne se plaît pas à Neuilly, elle a dû renoncer au Raincy que l'Empereur vient de prendre; mais il y a Petit-Bourg dont on lui a parlé et qui est à Perrin, le fermier des Jeux. Que le duc d'Anlin Tait illustré, que la duchesse de Bourbon l'ait rebâti, Pauline n'en a cure, mais la terre « lui semble convenable, si elle réunit tous les avantages que sa santé exige, c'est-à-dire une belle exposition, un air sain et exempt d'humidité. » Ce sera à Decazes de visiter tout, de prendre un plan de la maison, de voir si elle serait assez grande et assez belle pour que la princesse y fût commodément et convenablement, maison, chevaux et tout ce qui est à sa suite; si les jardins sont bien plantés et en bon état; si les revenus de la terre sont réels, et elle aligne les questions avec un détail, une précision, une ardeur qui prouvent que l'ombre de Ganouville commence à s'estomper. Et Decazes n'est pas seul mis en mouvement ; le minisire des Finances et le ministre de la Police sont requis d'aller à Petit-Bourg ; après quoi, sans que Pauline ait rien vu, on conclura. Mais c'est là un projet comme tant d'autres : au moins celui-ci l'aura-t-il distraite, et de sa douleur qui s'etTace, et de ses souffrances qui l'ont reprise.
Le 3 décembre seulement, elle arrive à Hyères, où elle espère trouver la santé. « Ce voyage est insupportable, écrit le 7 M"^ de Quincy ; faudra-t-il qu'il dure encore longtemps ? La santé est toujours la même. Elle est ici depuis quatre jours et ne s'en trouve pas mieux. Elle a voulu reprendre le lait qui ne
passe pas. Elle recommence les soupes. Les douleurs sont aussi violentes. On a remis des vésicatoires. Gela est désolant. Que Dieu nous aide ! »
En vérité, voilà de quoi faire une belle amoureuse. Bien plutôt a-t-elle affaire du D'" Peyre, son premier médecin, qu'elle a tout exprès appelé de Paris que de Duchand qui demeure désormais « attaché à son char ». Elle est très malade, de plus en plus faible, et Peyre, qui ne comprend rien à ce cas extraordinaire, ne trouve à prescrire que des eaux de Vichy et des eaux de Selz naturelles.
En quittant Aix-les-Bains, Madame est d'abord venue à Paris oij, le 2 septembre, elle a reçu la visite de Marie-Louise : deux jours après elle estallée dîner à Saint-Gloud. Nulle intimité entre ces deux femmes : Comment y en aurait-il? Mais l'éducation familiale et dynastique a si fortement tracé sur FLnpéralrice que, non seulement elle ne manque à rien vis-à-vis de la mère de son mari, mais qu'elle la prévient en tout, de façon qu'on pourrait croire à la plus extraordinaire sympathie. Tout cela n'est que de formes, de surface et d'apparence et rien n'en subsiste. De Paris, Madame va s'installer à Pont pour septembre et octobre. Elle y a une vie singulièrement remplie ; car, bien qu'elle n'écrive guère de sa main, ur?e correspondance infinie part d'elle et aboutit à elle : Lyon, Paris, Mortefontaine, Aix, Gratz, Madrid, Florence, Naples, Worcester, elle est au centre de tous ; et delà, elle se fait, entre ses enfants, la distributrice des nou-