‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 164 sur 213 · HORTENSE. — MALADIE DU PRINCE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

HORTENSE. — MALADIE DU PRINCE NAPOLÉON

sente, ils ont le moindre malaise, les veille jour et nuit, les soigne elle-même, ne vit point qu'ils ne soient rétablis. A Aix, toute» les angoisses de La Haye lui remontent au cœur; elle expédie courrier sur courrier à sa mère qui est sur le point de partir pour Milan où elle doit assister aux couches de la vicereine ; elle veut Gorvisart, qui est retenu par un rhumatisme, elle voudrait la Faculté entière, car il faut qu'elle sauve son enfant. Il a la scarlatine et n'est en danger que deux jours, mais le monde en a retenti. Joséphine en a retardé son voyage; l'Empereur en a été instruit; Louis a eu chaque jour des nouvelles par la gouvernante ; la maladie du petit prince est devenue une affaire d'Etat.

N'en est-elle pas une? A défaut du Roi de Rome, le prince Napoléon^ bien qu'on semble à présent l'oublier, est l'héritier de l'Empire. Sur ces têtes fragiles repose l'avenir de la monarchie universelle. L'Empereur a pris une telle confiance en sa fortune qu'il ne s'est point inquiété. « Ma fille, écrit-il de Vitepsk à Hortense le 29 juillet, j'ai vu avec peine par votre lettre du 12 que Napoléon était malade et j'ai appris avec plaisir, par celle du 14, qu'il était hors de danger. J'avais compté sur cette prompte guérison, sachant combien une mère est prompte à s'alarmer. » Ces sentiments, pour médiocrement vive qu'en soit l'expression, contrastent pourtant avec ceux qu'inspire à d'autres membres de la Famille l'annonce du danger que court le grand duc de Berg. Toutes sortes de combinaisons se forment qui mon-

Irent assez comme ont été accueillis les doutes injurieux de Louis sur la légitimité de son second fils. « Tu verras par la lettre du comte de Wintzingerodé, écrit Catherine à son mari, la maladie du petit Louis- Napoléon, la probabilité de sa mort, les réflexions du comte de Winlzingerode sur la réversibilité du grandduché de Berg. Je crois très intéressant de t'informer de tout ceci, quoique je sois persuadée que tu feras la même réflexion que moi sur l'impossibilité de l'ôter au dernier des princes, sans déshonorer ses parents et, par conséquent, sur l'impossibilité de faire des démarches. » Partout ailleurs, c'est, de la part des Bonaparte, même de la grand'mère, qui pourtant a paru aimer cet enfant, la même sécheresse. Si Ton se fait part de sa mort probable, c'est avec des mots brefs dont nulle tendresse ne s'exhale. Gomme Madame parlait autrement de la mort du fils d'Elisa ! Le Divorce n'a point assouvi les haines; en face des Beauharnais, les Bonaparte veillent toujours en armes. Même cet enfant, que pourtant ils reconnaissent pour Bonaparte, est, à cause de la mère qui le garde, compris dans la proscription.

Par contre, d'Hortense, Marie-Louise se rapproche chaque jour, en cherchant toutes les occasions. Lorsque la reine, quittant Aix oii elle est comme en quarantaine à cause de la contagion, a conduit son fils à Spa pour achever sa guérison, Marie-Louise, par une délicate attention, n'a garde d'omettre la fête de son neveu auquel elle écrit cette jolie lettre : « A Son Altesse Impériale le grand-duc de Berg, Monsieur

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