‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 165 sur 213 · HORTENSE. — MARIE-LOUISE · texte numérisé non relu

HORTENSE. — MARIE-LOUISE

mon neveu, à Spa. Mon cher neveu, je ne veux pas laisser passer ce jour sans vous écrire pour vous adresser mes sincères félicitations pour votre fête. Il me serait impossible de vous dire tous les vœux que je forme pour vous, ils seraient trop nombreux. Je suis sûre que vous continuerez à faire la consolation de votre bonne maman en devenant tous les jours plus aimable et plus raisonnable. J'ai été enchantée d'apprendre que vous étiez entièrement guéri. J'attends avec bien de l'impatience le moment de votre retour pour vous assurer de toute mon amitié. Je vous envoie une caisse de joujoux qui, j'espère, vous amuseront. Ma santé ainsi que celle de votre petit cousin est bonne. Parlez à maman quelquefois d'une sœur qui la chérit tendrement. Je ne lui écris pas aujourd'hui, car je suis très fatiguée de toutes les réceptions. Ce sera donc à demain. Embrassez bien Louis en mon nom et croyez au tendre attachement de votre très attachée tante. » Gela est-il du ton ordinaire de tante à neveu — de tante impératrice à neveu de huit ans ? Cela ne prouve-t-il pas une correspondance établie et soutenue avec Hortense? N'y a-t-il pas là une manifeste intention de plaire à Tenfant en le traitant comme un homme et, sous ces formes de protocole à l'allemande, ne sent-on pas quelque chose qui sort de l'habituelle banalité courtoise que Marie-Louise répand dans ses lettres à la Famille ?

Au surplus nul doute que la liaison des deux femmes ne soit habituelle : dès qu'Hortense est rêve-

nue à Saint-Leu, elle s'empresse à Saint-Gloud où on la trouve une fois au moins chaque semaine. Le 29 août et le 6 septembre, elle dîne avec sa bellesœur; le 14, c'est le tour de l'Impératrice de passer à Saint-Leu la journée entière; le 27, la reine est à Saint-Gloud ; le 3 octobre, l'Impératrice lui écrit : « Ma chère sœur, je vous verrai avec bien du plaisir dîner chez moi demain. Depuis votre arrivée, je n'ai pas encore eu l'occasion de vous voir une fois seule et de vous dire toute la tendre amitié que j'ai pour vous. Je vous envoie un pantin que j'ai promis depuis longtemps à Napoléon et qui n'a été fini qu'aujourd'hui. Je n'ose pas engager vos enfants à dîner parce que je sais que vous n'aimez pas que les heures de leurs repas soient dérangées. Je vous prie de croire à tout le tendre attachement que vous a voué pour la vie votre sœur. »

Ce sont, d'une maison à l'autre, des allées et venues continuelles. Sans doute M""® de Montebello s'y emploie et, étant au pis avec la plupart des princesses, elle ménage la reine qui ne saurait lui porter ombrage et dont la rapprochent quantité de souvenirs et des opinions assez semblables sur beaucoup de gens ; mais cela ne suffit point, Marie-Louise y va de son propre goût, en l'absence de toute autre société. Elle ne saurait trouver grand agrément à Julie toujours malade, qui ne paraît qu'aux grandes occasions et qui vit dans un cercle de famille où l'Impératrice n'a que faire. Si donc Marie-Louise vient une fois à Mortefontaine où Carême a mis tous ses talents à lui présenter

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