‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 174 sur 213 · LUCIEN. — NÉGOCIATIONS DE DESBASSYNS · texte numérisé non relu

LUCIEN. — NÉGOCIATIONS DE DESBASSYNS

mains à cette spéculation en révélant à M""® Candeille le secret de M"® Lucien.

Quoi qu'il en soit de ces griefs, Aléxandrine ne les avait pas encore formés quand, en février 1813, muni de lettres de Savary qui mettaient à sa discrétion toute la police de la côte, et de pouvoirs en règle délivrés par Bassano sur l'ordre de l'Empereur, Desbassyns repassa une fois de plus le canal. Jamais précautions n'avaient été mieux prises pour les envois de courriers, les expéditions de navires, la correspondance des signaux, mais, si bien que le secret eût été gardé, le Tîmes du 22 février annonça l'arrivée de Desbassyns, ses entrevues avec les ministres, ses trois visites à lord Castlereagh, s'indigna contre les ruses de négociations que Bonaparte tentait en sous-main. L'affaire avorta donc, mais on a peine à croire que, durant ses trois missions, M. Panon-Desbassyns n'ait point rendu — sinon à l'Empereur, au moins au comte de Lille — des services signalés, car, en 1815, Louis XVIII le nomma baron de Richemont et commissaire général ordonnateur à l'île Bourbon en attendant qu'il le fit membre du Conseil d'amirauté, conseiller d'Etat et comte.

Lucien ne fut vraisemblablement pas mêlé aux affaires que Desbassyns était venu traiter à Londres et, s'il se recommanda à lui, ce ne fut que pour être échangé; mais, à la même époque exactement où Desbassyns travaillait pour l'Empereur, Lucien se rendait, près du ministère anglais, l'interprète d'un autre souverain napoléonien qu'il n'eût point engagé si avant, s'il n'avait été certain de son assentissement.

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