‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 175 sur 213 · VII · texte numérisé non relu

VII

Le 6 août, il écrit à lord Gastlereagh, pour offrir, dans le cas d'une paix conclue entre la France et l'Angleterre, de proposer à Joseph un traité secret, assurant la complète indépendance de l'Espagne par rapport à la France, Voici quelles seraient les bases du traité : Joseph s'engagerait à faire cause commune avec l'Angleterre dans le cas où la France tenterait d'empiéter sur l'Espagne ; Napoléon et ses descendants seraient exclus du trône d'Espagne; l'indépendance du Portugal serait reconnue ; un traité de commerce serait conclu entre l'Espagne et l'Angleterre. Lucien ajoute qu'il est convaincu que Joseph serait ravi d'être délivré de la contrainte dans laquelle le tient Napoléon et il offre, pour suivre cette négociation, M. de Chatillon qu'il considère, dit-il, comme un membre de sa famille.

On est obligé de penser que Lucien n'a pas pris sur lui de présenter ces propositions, qu'il ne les a point subordonnées expressément à la conclusion de la paix entre l'Empire et l'Angleterre ; que, en offrant, de la part de l'Espagne, un traité postérieur d'alliance et de commerce, il se montre singulièrement disposé à le recevoir antérieurement et que, au tel cas, c'est d'une défection qu'il se rend le négociateur. Vainement chercherait-on à rattacher cette communication du 17 août aux ouvertures faites par l'Empereur même au Cabinet britannique le 17 avril. Elles ont été péremptoirement rejetées le 23 et les termes de ce refus ont été prohibitifs en ce qui touche Joseph. Si donc Joseph, qui ne. peut ignorer que son maintien a été formellement

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