INSTITUTION DU CONSEIL ECCLÉSIASTIQUE
pour la France ; il ne peut l'élablir convenablement dans une ville de province et se souvient des solennelles obsèques qu'il fit lui-même à Pie VI décédé à Valence; il ne voit qu'un de ses palais aux environs de Paris ou dans la capitale même, « où le Pape ne peut être d'aucun inconvénient ». De là à un développement plus large, l'idée va courir, mais on peut bien admettre que telle en a été la marcbe.
Pour le Concile, c'est un expédient dont Napoléon ne se dissimule point les dangers, mais qui, dès qu'il a admis l'idée de fixer à Paris la résidence du Pape, se présente à son esprit avec un double avantage: d'abord, et c'est l'objet patent, porter remède aux maux de l'Église, en France, en Italie et en Allemagne, par le règlement de certaines questions vitales, entre autres l'institution canonique des Evêques ; ensuite, et c'est l'objet secret, amener le Pape à vouloir présider le Concile ; pour ce faire, à venir à Paris de son plein gré, et à s'y fixer, en y retrouvant, au défaut de la puissance temporelle à laquelle il renoncerait ainsi implicitement, l'exercice intégral de sa souveraineté spirituelle et les agréments d'une cour somptueuse.
Telle semble bien avoir été la situation lorsque l'Empereur a institué, le 16 novembre 1809, le Conseil ecclésiastique auquel il a posé, entre autres questions, celle de la convocation d'un concile. Le Conseil a répondu d'abord que, « s'il s'agissait d'un Concile général, il y fallait la présence du Pape et que, s'il s'agissait d'un Concile national, l'autorité de ce concile serait insuffisante pour régler un objet qui intéressait
la Catholicité toute entière ». Pour esquiver les responsabilités d'une réponse formelle, le Conseil a imaginé que la question serait bien plus sûrement résolue par un Concile national qu'il a proposé de convoquer; Napoléon a peu goûté l'expédient; il a exigé un avis ferme : le Conseil ecclésiastique s'est déterminé alors à supposer au Concile national, au cas qu'il se déclarât compétent, le droit de statuer sur l'institution refusée par le Pape ; à conseiller, au cas qu'il se déclarât incompétent, le recours à un Concile général ; et, au cas que le Pape se refusât à convoquer le Concile général, le Conseil a semblé incliner à penser que le Concile national pourrait admettre l'institution des suITragants par le métropolitain et de celui-ci par le plus ancien évêque de la province. Cette consultation, avec les réticences qu'y apportait un conseil dont l'Empereur avait choisi les membres parmi les canonistes qu'il supposait le plus dévoués à sa personne, n'était pas pour l'induire en confiance vis-à-vis d'un concile oii l'universalité des évêques français devraient être appelés. Il recourut donc à d'autres voies et, quoiqu'il pût lui en coûter d'introduire une puissance étrangère dans son démêlé avec le Pape, il accepta de négocier avec Pie VII par le canal d'un diplomate autrichien. Celuici ayant échoué, il envoya au Pape les cardinaux Spina et Caselli, espérant qu'entre Italiens l'entente serait plus facile. Ils ne réussirent pas mieux et Pie VII, comme enhardi, passa de la résistance passive à l'agressive. Partout les pouvoirs des évêques