TENTATIVES DE NEGOCIATIONS AVEC LE PAPE
nommés par l'Empereur et régulièrement élus administrateurs parles chapitres, furent contestés; des brefs adressés aux chapitres de Paris et de Florence provoquèrent la sédition des sujets contre le souverain et, dans des termes plus violents encore que ceux employés dans la Bulle d'excommunication, flétrirent les prélats qui avaient osé accepter la nomination de l'Empereur, leur enlevèrent tout pouvoir et toute juridiction.
Napoléon se sentit alors dans une impasse : il ne pouvait revenir sur l'annexion des Etats pontificaux; il ne pouvait, hors le rétablissement du pouvoir temporel, trouver de terrain d'entente ; il ne voulait point céder au Pape et il ne pouvait faire céder le Pape. Il flotta donc entre les modes de répression, il imagina des procédés plus ou moins légaux pour en finir avec ces menées dont il saisissait la portée religieuse, sans s'attacher assez à leur répercussion politique : suspendre ou déposer le Pape, puisqu'il chargea son bibliothécaire Barbier de rechercher s'il y en avait des exemples ; établir un patriarche en France et se séparer de Piome, comme l'avait fait l'Angleterre, puisqu'il demanda à Ghampagny d'en étudier les avantages et les inconvénients ; faire rendre un senatus consulte interdisant toute espèce de communication avec Rome, ce qui eût été un acheminement à la rupture; mais toujours il constata qu'il ne serait point suivi, l'opinion étant nettement contraire à la séparalion. Il essaya des expédients pour la ramener: brochures à faire paraître, manifestations d'opinion à
provoquer dans les chapitres, consullalion à demander au Conseil d'Elal; tout cela ne produisit aucun effet et ne mena à rien. Il fallait arriver aux grands remèdes, envisager la situation en face, régler en une forme nouvelle les rapports du Sacerdoce et de l'Empire, de façon à mettre l'autorité impériale à l'abri des entreprises du Pape, « redoutable problème dans l'état actuel de la religion catholique où la doctrine de ceux qui ont subordonné les évoques aux volontés et aux intérêts de la cour de Rome a prévalu ; » il fallait trouver les moyens « de faire dispaïaîlre à jamais les luttes du spiiiiuel et du temporel qui ont été si funestes à la Religion puisque seules elles ont occasionné la séparation de l'Eglise grecque et de celles d'Angleterre etde toutes les puissances du Nord, et de mettre lEmpiré à l'abri de i'inimilié et de la haine de la cour de Rome qui sera constante contre les descendants de Napoléon comme elle l'a été contre les descendants de Charlemngne jusqu'à ce qu'ils aient séparé l'Empire, chassé les Français de l'Italie et rétabli leur puissance temporelle qui ne saurait plus désormais exister que par la destiuction de l'Empire ».
Napoléon fut donc irrésistiblement ramené à l'obligation de réunir un concile, car seul un Concile pouvait être opposé au Souverain Pontife; seul il présentaitune autorité spirituelle égale, sinon supérieure; seul il pouvait, au défaut du Pape, mettre un terme à l'anarchie soigneusement entretenue, pour des motifs uniquement temjiorels, dans l'Eglise de France.
Napoléon adopte donc l'idée de convoquer un Con-