JEROME. — SES PRODIGALITÉS
ment si souvent ajourné, en vue duquel, pour avoir un consacrant, il pense nommer archevêque de Cassel l'abbé-prince de Gorvey, de même que, pour avoir son Reims, il se propose d'enlever aux protestants l'église de Saint-Martin, il commande le 16 octobre, à Bapst et G'% une couronne royale en brillants de 40.000 francs qui complétera les ornements précédemment apportés de Paris. Il charge le sieur Danckerst, négociant à Amsterdam, de lui procurer des diamants sur papier d'une valeurde 250 à 300.000 francs, et le plus grand nombre possible de perles flnes du poids do 35 à' 40 grains. Il fait une réserve de nœuds en brillants pour des croix de commandeur de son ordre, que lui confectionne à Paris le sieur Gibert. Par Decazes, le secrétaire de Madame, il entre en marché, pour 168.000 francs, de trois pierres d'une extraordinaire beauté ; il achète à Bapst, un lot de parures en turquoises, à Hertz, joaillier à Brunswick, pour 3.S00 francs de bijoux et de perles, à KaufTmann, encore des perles, à Leroy, des montres de col avec les heures en brillants et les demies en perles, à Gibert, des parures d'émeraudes et perles, des bagues à chitTre^ tout un lot d'épingles.
Gela sent l'amour, bien qu'une certaine commande faite à Biennais parle maître de la Garde-robe, prouve qu'au retour de sa campagne, Sa Majesté dut prendre des ménagements, mais pour chaude qu'elle fut, l'alerte fut courte. Il n'y paraît guère à présent. Jamais le roi ne s'est mieux porté, en dépit de la légende qu'on cherche à accréditer sur son retour et sur la
dysenterie dont il fut malade; la reine a beau écrire à son père : « Sa santé a beaucoup souffert; aussi, je l'ai trouvé maigri » ; Reinhard lui-même a beau rendre compte que le roi « souffre et maigrit » parce que, « plus les événements de la campagne sont glorieux, et plus l'idée d'en être éloigné le tourmente », le maître de la Garde -robe les dément par le fait, lorsqu'il écrit à Paris qu'on élargisse des jambes, des cuisses et de la ceinture, les pantalons de soie peluchée que Sa Majesté ne peut plus mettre, tant elle est engraissée !
Dès septembre, Gassel s'émeut discrètement aux trois maîtresses qu'a le roi en même temps : ]yjme Escalon, la maîtresse de campagne, revenue de Varsovie, une Polonaise, seul trophée de la guerre, « dont le logement en ville est déjà préparé », et la comtesse de Lowenstein-Wertheim, dame de la reine. Tous ces amours ne vont pas sans des Intrigues qui agitent bien autrement la Cour que les nouvelles de Russie. Malgré le Te Deum et les illuminations par ordre, la bataille de la Moskowa passe presque inaperçue, quoique le contingent westplialien s'y soit conduit des mieux et qu'il ait perdu deux généraux tués — Damas et Lepel — quatre blessés : Borstell, Legras, Hammerstein, Wickenberg, et que, dans la garde et la ligne, il ait eu cent quarante-neuf officiers hors de combat. Gela fait à peine trois lignes dans le journal de la reine oii il y en a plus de cinq cents sur la fugue de Blanche la Flèche, baronne de Keudelstein, dont le mari, intendant de la Liste civile, a