JÉRÔME. — INTRIGUES A LA COUR
eu jadis avec sa caisse des relations trop intimes. Blanche, en compagnie de sa belle-sœur, Jenny la Flèche, femme du maître des cérémonies, et du consentement de son noble époux, le baron de Keudelstein, a quitté Cassel sous prétexte d'aller à Gênes, en réalité pour rejoindre le prince de Wurtenberg auquel, par contrat notarié, elle a fait donation de son cœur, moyennant des agréments sonnants et déterminés. Dans cette affaire, quantité de gens de la Cour se sont entremis, en particulier M. d'Otterstâdt, intendant général des Eaux et Forêts, mari de la dame du Palais de la reine; on les chasse, mais en donnant à M'^^d'Otterslâdt 6.000 francs de pension et en lui rachetant tous « ses diamants et parures ». A la place de j^jme cl'Ottersladt, le roi nomme la comtesse de Furstenstein — M"^ Le Camus — qui fait des façons, se tenant de trop bonne maison, étant née Hardenberg, et qui ne se rend que sur l'espérance de devenir la confidente de la reine comme était celle à qui elle succède.
Gomme si ce n'était pas assez, intrigue pour fournir à la reine, en la personne de M"'' de Garondelet, une seconde lectrice, la première, M""^ Malet de la Roche, paraissant prendre trop d'influence; intrigue menée en vue d'une escroquerie d'argent par la comtesse de Bocholz, ancienne maîtresse du roi, qui annonce la mort supposée de l'enfant qu'elle a eue de Jérôme, la petite Elisa, dont Catherine a été marraine avec son mari, car jusque-là la pauvre femme pousse sa complaisance; intrigue pour la place de grand
écuyer, vacante par la mort de Morio; intrigue pour la place de grand maréchal, vacante par la mort de Meyronnet; intrigue pour la place non encore remplie de chevalier d'honneur de la reine ; tout le monde s'agite, dresse des pièges, imagine des traquenards, invente des candidats, se pousse et se déchire.
Et, si l'intrigue est partout à la Cour, elle est partout dans le gouvernement : disgrâce de Pichon, cet ancien commissaire général des Relations commerciales aux Etats-Unis, qui, destitué par décret impérial rendu en Conseil d'Etat le 30 septembre 1807, a été appelé par Jérôme — en gratitude de son rôle lors du mariage Paterson — aux fonctions de directeur du Trésor. Il voulait être ministre, être excellence, être indépendant; même il a afflché la prétention d'introduire de l'ordre dans ses comptes et d'être maître dans sa partie. Cette audace a, durant la campagne, singulièrement ému Jérôme qui a profité de l'occasion pour faire à la reine régente un cours de haute politique. « Il n'y a, lui a-t-il écrit le 2 juin, que les souverains faibles et sans caractère qui abandonnent leurs atTaires à un minisire, même en le rendant responsable sur sa tête. Ce n'est qu'une phrase à effet, car, si on peut faire une chose et trouver des moyens pour soulager le pays et faire face aux dépenses, le souverain doit pouvoir, s'il n'est pas iin être plus que nul^ les mettre à exécution ; mais, quand il est convaincu du contraire, V affirmation d'un homme ambitieux qui voudrait commander en prenant tout sur lui, est une insulte au souverain ; c'est