‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 194 sur 213 · JEROME. — IL RESTE FIDÈLE A L'EMPEREUR · texte numérisé non relu

JEROME. — IL RESTE FIDÈLE A L'EMPEREUR

tournent la tête de Murât. Il aspire sans cloute à être couronné, mais ce n'est pas là un indice de défection prochaine, c'est l'enfantillage, retardé depuis quatre ans, de déployer les pompes souveraines si soigneusement préparées, d'endosser les costumes somptueux qu'il n'a pu revêtir encore, au plus la pensée de s'affermir à Gassel contre une destitution que prononcerait lEmpereur.

Napoléon n'a qu'à paraître, le cœur de Jérôme court vers lui; et ce qu'il convient d'en attester, ce n'est pas, aux jours où on ignore encore les désastres, le 13 novembre, la statue de Napoléon inaugurée sur la place royale de Gassel ^ c'est, survenant les mauvaises nouvelles, celle de la présence subite de l'Empereur à Dresde, l'envoi immédiat, pour prendre ses ordres et lui donner des renseignements, du général Bongars, inspecteur général de la gendarmerie ; c'est cette lettre écrite le 16 décembre où « Jérôme s'empresse d'exprimer à l'Empereur son désir, bien naturel sans doute, d'aller en personne lui présenter les expressions de son tendre et véritable attachement » et passer quelques jours auprès de lui. C'est, le 18, l'expédition à Paris, en courrier, du chambellan Marinville qu'il charge de porter à l'Empereur ses félicitalions à l'occasion de la nouvelle année et « l'expression sincère de ses sentiments inaltérables ». « Je serais particulièrement heureux, Sire, écrit-il, si Votre

' statue en marbre, répétition de celle que Chaudet fit pour le corps législatif exécutée à Carare dans les ateliers d'Elisa, non, comme il avait été dit dans le décret, statue coulée en bronze des raines du Harz.

Majesté me permettait d'aller l'assurer de vive voix de mon tendre et inviolable attachement ». L'Empereur a le droit d'être mécontent ; il ne se laisse point fléchir au premier coup, mais il ouvre la porte el, pour la première fois depuis que Jérôme a quitté Varsovie, il lui écrit : « Je crois votre présence plus utile dans votre royaume en ce moment qu'à Parie. Il n'existe plus rien de l'armée westphalienne à la Grande Armée et tout paraît annoncer une crise pour le printemps prochain. Faites-moi connaître ce que vous avez envoyé pour compléter vos cadres, ce que vous pouvez faire pour compléter votre artillerie et votre cavalerie, et enfin ce que vous êtes en état de faire pour approvisionner et bien armer la position de Magdeburg contre tout événement ». Et Jérôme, qui espère toujours l'autorisation de venir voir l'Empereur, « persuadé que cela ne pourrait lui faire que du bien de toutes les manières », répond courrier par courrier : « C'est surtout dans cette circonstance que je ferai tout ce qu'il est humainement possible de faire et je tiendrai tous mes sacrifices à bonheur, heureux s'ils peuvent convaincre Votre Majesté que personne ne lui est plus attaché que moi ».

Aussitôt qu'il a eu en mains la dépêche du Major général, Joseph s'est empressé, dès le 3 avril, de prendre possession, en écrivant aux divers généraux commandants d'armées : « L'Empereur m'ayant confié le commandement général de ses armées, je désire que vous me mettiez à même de répondre à sa confiance pour

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