‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 195 sur 213 · JOSEPH- — PRISE DE COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

JOSEPH- — PRISE DE COMMANDEMENT

ce qui concerne Tarmée que vous commandez. M. le maréchal Jourdan a été nommé par Sa Majesté mon chef d'Etat-niajor ». Rien de plus; il n'a plus la velléité d'abdiquer ; il ne discute plus les conditions dans lesquelles il exercera son commandement ; il ne s'inquiète pas de savoir quelle obéissance il pourra requérir de généraux qu'il n'a le droit ni de nommer, ni de destituer, dont il ne peut ni changer, ni modifier, ni intervertir le commandement ni le territoire; il commande, c'est assez, et pas un doute ne lui vient sur les conséquences. « Le général en chef, écrit-il le 17 avril, peut seul soutenir le roi, et le roi, à son tour, peut seul sauver les affaires militaires en donnant un point unique de direction aux peuples et à l'armée ».

Sur le papier, autant qu'il le peut savoir, car les situations lui manquent et il est réduit aux conjectures, il a 230 000 hommes à ses ordres : 56 000 à l'iVrmée du Midi sous le duc de Dalmatie, 52 000 à l'Année du Portugal sous Marmont, 60 000 aux Armées d'Aragon et de Catalogne et à la division de l'Ebre sous Suchet et Decaen, 48 000 à l'Armée du Nord sous Dorsennc que remplacera bientôt Gaffarelli, 12 000 à l'Armée du Centre sous son commandement direct. Qu'en ferat-il ? Les instructions que lui a envoyées l'Empereur sont étrangement contradictoires : d'une part, il lui dit: « Conserver les conquêtes faites, les étendre successivement par la destruction de l'ennemi, ne prendre l'offensive pour entrer en Portugal que lorsque les événements détermineront absolument cette mesure,

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maintenir sur toutes choses les communications avec la France ... Le nord de l'Espagne doit particulièrement attirer son attention et c'est principalement dans cette partie qu'il est indispensable de se maintenir; ne jamais risquer de voir l'ennemi s'y établir et la sûreté des communications compromise. » « Quant aux Anglais, il paraît que l'état actuel des choses demande plutôt qu'on se tienne sur la défensive envers eux, mais on doit toujours se tenir dans une attitude imposante et telle qu'ils ne puissent jamais tirer avantage de notre position. Telles sont, écrit Glarke en mai, les principales idées que l'Empereur a manifestées, en partant, au sujet de l'Espagne. » D'autre part, l'Empereur a fait écrire, le .3 avril, par le major général : « Il n'y a plus en Espagne aujourd'hui que l'armée anglaise. Il faut ou prendre l'initiative sur elle en organisant la défense de Salamanque, une tête de pont sur l'Agueda et, entretenant la guerre dans le nord du Portugal, suivre l'ennemi, ce qui serait prendre l'initiative sur lui ; ou bien alors, si cela n'est pas exécuté, suivre l'initiative de l'ennemi et se porter partout où il se porte ; alors, sans contredit, il faut que plusieurs divisions de l'Armée de Portugal se portent sur le ïage, en laissant des forces suffisantes à Salamanque pour fortifier ce point important et contenir le Nord. »

Ainsi, d'une part, conserver les conquêtes et les étendre peu à peu, ce qui implique le dispersement des forces françaises, négliger l'armée anglaise et diriger son action sur les guérillas ; d'autre part, ne regarder que l'armée anglaise et prendre l'initiative

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