JOSEPH. — SITUATION VIS-A-VIS DES GÉNÉRAUX
sur elle, ce qui implique, étant donnée sa supériorité numérique sur l'Armée de Portugal, le renforcement de celle-ci par les autres armées et l'abandon momentané des conquêtes. Dans les deux cas, les généraux en chef doivent cesser d'agir, chacun pour leur compte, dans les limites de leur arrondissement ; ils doivent se seconder mutuellement, obéir aux ordres du roi et recevoir l'impulsion qui ne peut partir que de lui.
Or, deux mois après la prise de commandement, voici, au rapport de Jourdan, quelles sont les relations entre Joseph et les différentes armées :
« Le prince de Neuchâtel a annoncé au roi que l'Armée du Nord était sous son commandement. Cependant, le général en chef a reçu des ordres contraires ; on ignore quelle est la situation de cette armée, mais il paraît, d'après la correspondance du général Dorsenne avec le roi, qu'elle n'est pas assez nombreuse pour tenir dans la soumission les pays qu'elle occupe et pour bien assurer les communications avec la France...
« Le prince de Neuchâtel, en annonçant au roi que l'Armée d'Aragon était comprise dans son commandement, lui disait que, si Sa Majesté avait besoin de secours, elle pouvait en faire venir de Valence. Le roi donna donc ordre au maréchal Suchet d'envoyer une division pour se réunir à l'Armée du Centre et former une réserve que les circonstances rendaient indispensable, mais ce maréchal a déclaré formellement qu'il était dans l'impossibilité d'exécuter cet ordre, de même qu'il ne pourrait laisser plus long-
temps à Cuença un de ses régiments... Il a aussi opposé aux ordres du roi les instructions que lui a données le prince de Neucliâtel en le prévenant que la Catalogne passait sous son commandement...
« On ignore quelles sont les ressources de l'Armée du Midi... Le duc de Dalmalie ayant retiré ses postes de communication avec la Manche, on ne peut correspondre avec lui qu'avec les plus grandes difficultés. . On ignore encore s'il est instruit que l'Empereur a confié au roi le commandement de ses armées. »
Restent l'Armée du Portugal et l'Armée du Centre: celle-ci, accrue de 3 200 hommes destinés à l'Armée du M iili que Joseph a retenus et de divers renforts, se trouve (jorlée à 18 500 hommes dont 5 800 Espagnols. Quinze mille à peine font le service. « La garnison de Madrid est si faible que, sans la Garde royale, on n'y serait pas en sûreté ». Quand à l'Armée du Portugal, si Marmont paraît accepter la suprématie du roi, elle n'a ni magasins, ni moyens de transport, ni canons de siège, toute l'artillerie ayant été prise à Ciudad Rodrigo. Son effectif atteint à peine 52 000 hommes tout compris ; mais Marmont se plaint que le roi ait retenu, dans la vallée du Tage, sa première division, en vue de l'employer dans la Manche pour établir la communication avec l'Armée du Midi ; il annonce que Joseph voudrait encore distraire deux autres divisions de son armée qui se trouverait ainsi réduite à 12 000 hommes (22 avril).
Wellington dispose au moins de 60000 hommes : Qu'il se porte sur l'Armée du Midi qui en a 54 000 ou