‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 199 sur 213 · JOSEPH. - MARMONT AUX ARAPILES · texte numérisé non relu

JOSEPH. - MARMONT AUX ARAPILES

viennent annonçant la défaite : l'armée a perdu 7 000 hommes tués, blessés, prisonniers, elle continue sa retraite sans s'arrêter, pour gagner Valladolid avant que l'ennemi n'y arrive.

Marmont avait attendu, depuis vingt-cinq jours, sur la rive droite du Duero, le secours qu'il avait demandé à l'Armée du Nord; il avait écrit un nombre de fois incalculable qu'il n'était pas en forces contre l'armée anglaise; il savait qu'un renfort lui arrivait de Caffarelli ; il ne pouvait ignorer — si fortes que dussent être ses dénégations — que Joseph était près de lui; encore quatre à cinq jours, et il recevait, des deux côtés, des renforts qui le mettaient dans une S'j(3ériojité évidente : oui, mais le roi arrivant prenait le commandement. Il a donc profité de ce qu'il avait été rejoint par la division Bonnet qui, entrée sur l'ordre de l'Empereur dans les Asturies, avait craint justement d'être coupée; il a repassé le Duero, et, sans tenir compte des avis qu'il avait reçus — on a affirmé avoir trouvé la preuve matérielle qu'un au moins de ceux expédiés par Joseph lui était parvenu — il a cherché, il a voulu la bataille. Il en donne luimême la preuve dans le rapport qu'il adresse à l'Empereur. x\insi Joseph a pu justement écrire : « Le maréchal Marmont avait passé la Tormès pour se porter sur les derrières de l'ennemi qui se repliait sur Salamanque et Vavait forcé àcombattre. » Il a pu justement écrire avec plus de détails : « La bataille a été perdue parce que le maréchal duc de Raguse n'a pas voulu m'attendre, ni attendre les secours qui lui venaient du Nord.

Ces secours et ceux que je lui amenais étaient en mesure de le joindre le lendemain ouïe surlendemain, mais il paraît que, trompé par une ruse de guerre de lord Wellington qui a fait tomber entre ses mains une lettre au général Gastanos dans laquelle il lui mandait que sa position n'était plus tenable et qu'il était obligé de se retirer, M. le duc de Raguse a cru marcher à une victoire assurée et une soif désordonnée de gloire ne lui a pas permis d'attendre un chef. »

Séparé de l'Armée de Portugal en retraite sur Olmedo, en danger d'être coupé par l'armée anglaise, Joseph pense à rentrera Madrid, àappelerà lui l'Armée du Midi et à reprendre l'ofTensive avec elle pour sauver sa capitale. De Ségovie où il est venu le 27 juillet, sur l'espérance trompeuse, que lui a donnée le colonel Fabvier, aide de camp de Marmont, que l'Armée de Portugal, moins maltraitée qu'on ne l'imaginait d'abord, pourrait se réunir à lui, il a, le 21), envoyé à Soult « l'ordre formel d'évacuer l'Andalousie pour se porter avec toutes ses forces sur Tolède. C'est le seul moyen, lui a-t-il écrit, de rétablir les affaires et les détails dans lesquels je suis entré sur les événements qui viennent d'avoir lieu vous convaincront aisément que c'estl'unique ressource qui nous reste. » Soult devra se rendre, par la Manche, sur le Tage, et se faire précéder par les 10 000 hommes dont, le 6 juillet, le roi a ordonné le détachement et qu'il attend depuis lors.

Il a fallu rabattre de ce que racontait Fabvier qui, pour innocenter son chef, atténuait la défaite devant

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