‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 200 sur 213 · JOSEPH. — EVACUATION DE MADRID · texte numérisé non relu

JOSEPH. — EVACUATION DE MADRID

Joseph comme il l'atténuera bien plus devant l'Empereur auquel Marmont l'envoie. « L'Armée de Portugal a continué sa retraite sur le Duero et s'est détachée ainsi totalement du roi. » Joseph rentre, le 5 août, dans Madrid, oii il compte qu'il sera rejoint par les dix mille hommes que, un mois auparavant, il a ordonné que Soult envoyât à Tolède, et par le corps de d'Erlon qu'il croit, sur ses ordres, s'être rapproché du Tage : rien ne vient. Soult a refusé d'obéir.

Le 8, le roi apprend que les Anglais sont entrés à Ségovie ; le 9, il peut, de sa capitale, apercevoir leurs avant-postes; le 10, il se détermine à évacuer Madrid où il laisse, abandonne plutôt inutilement, quelques troupes dans le Reliro, et, suivi d'un immense convoi de femmes, d'enfants, d'employés civils, d'Espagnols compromis à son service — plus de deux mille voitures — il se porte avec ses troupes sur Legaûez. Après un combat heureux où la cavalerie de Treillard donne de l'air à ses sabres, Joseph, sur la nouvelle que Wellington, arrivant avec le gros de son armée, est entré le 12 à Madrid, se replie le 13 sur Aranjuez et dirige le couvoi sur Ocana, Le 13, il se met en mouvement et, déçu encore du côté de Soult qu'il avait espéré voir déboucher de la Sierra-Morena, il se retire sur Valence, d'une part, pour abriter l'immense convoi qui l'a suivi, d'autre part, pour porter aide à l'Armée d'Aragon que menacent 13 000 Anglo-Siciliens débarqués à Alicante. Lorsque, le 31, il arrive à Valence où il met sous les ordres de Suchet ce qui

reste de l'Armée du Centre, l'expédition de Sicile est d'ailleurs dispersée et partout battue.

Soult, si formel qu'ait été l'ordre envoyé par Joseph le 29 juillet, n'y a pas obtempéré. Le 12 août, il a répondu : « Votre Majesté m'ordonne, comme une ressource, d'évacuer l'Andalousie et de me diriger sur Tolède. Je ne puis dissimuler que cette disposition me paraît fort extraordinaire. J'étais loin de penser que Votre Majesté s'y serait déterminée. Le sort de l'Espagne est-il donc décidé? Votre Majesté veut-elle sacrifier le royaume à la capitale et a-t-elle la certitude de la conserver en prenant ce parti? Enfin, l'évacuatfon de l'Andalousie et la marche sur Tolède sonlelles l'unique ressource qui nous reste? Je vais me préparer à cette disposition que je regarde comme des plus funestes pour Thonneur des armées impériales, le bien du service de l'Empereur et l'intérêt de Votre Majesté, dans l'espoir qu'avant qu'elle s'exécute, Votre Majesté l'aura changée. » Et quel remède proposel-il ? « Il n'y a qu'un moyen, dit-il, pour rétablir les atîaires : Que Votre Majesté vienne en Andalousie et qu'elle y amène toutes les troupes de l'Armée du Centre, de l'Armée de Portugal, de l'Armée d'Aragon auxquelles ses ordres pourront parvenir, quand même le royaume de Valence devrait être évacué . Du moment que nous aurons 70 à 80 000 Français réunis dans le midi de TEspagne, le théâtre de la guerre est changé ; l'Armée de Portugal se trouve dégagée et elle peut se porter successivement sur le Tage. n C'est la seconde fois, on le sait, que Soult présente ce

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