‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 202 sur 213 · JOSEPH. — LES DÉNONCIATIONS DE SOULT · texte numérisé non relu

JOSEPH. — LES DÉNONCIATIONS DE SOULT

hésité devant ces lettres à l'adresse du ministre de la Guerre. « Cette perfidie le consterna, a écrit le colonel Desprez. La haute opinion que le maréchal Soult semblait avoir conçue de son esprit, les protestations de tendresse qu'il en recevait, avaient séduit un homme que l'amour-propre rendait excessivement crédule. »

Ce n'était pas que, dans ces dénonciations, telles qu'on en connaît le texte, il y eût rien qui portât juste. Sans doute était-il peu compréhensible que le prince de Suède, beau-frère du roi napoléonien d'Espagne, voulût avoir une garde composée d'Espagnols insurgés pour le roi Ferdinand YII et qu'il eût dès lors à sa cour un envoyé de la junte de Cadix, mais le fait, qu'on révoquerait en doute s'il n'était attesté par Wellington, n'était pas plus inexplicable que la présence en France, et l'assiduité près de la reine napoléonienne d'Espagne, belle-sœur de l'Empereur, de la princesse de Suède; l'Empereur qui tolérait Désirée à Paris, à Aix et à Mortefontaine, ne pouvait rendre Joseph responsable ]des actes de Bernadotte. Quant aux démarches faites par Joseph près de la junte, elles n'avaient été déterminées que « par les excitations continuelles de l'ambassadeur de France » qui se conformait strictement aux instructions données par l'Empereur. Il avait fallu qu'il exerçât une sorte de contrainte pour y décider les ministres espagnols et le roi lui-même, car « l'œuvre démagogique de Cadix » déplaisait souverainement à Joseph. A quoi bon, disait-il, « risquer de mettre le désordre consti-

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