‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 22 sur 213 · AUTORITÉ SPIRITUELLE DU PAPE · texte numérisé non relu

AUTORITÉ SPIRITUELLE DU PAPE

t\n à l'usurpation italienne du siège de Pierre ; qu'elle eût arrêté les entreprises des Zelanti dans leur transformation du dogme; mais, si habile manœuvrier fùt-il, les écueils étaient si nombreux qu'il n'eût pu manquer de périr dans la traversée, et il s'était assigné un temps si bref qu'il risquait fort d'être contraint à rebrousser route en pleine tempête.

Si tel était le fond de sa pensée, il ne gagnait rien et il risquait de tout perdre en le révélant, de même qu'il ne gagnait rien et risquait de tout compromettre en concluant, sur des points de détail, des arrangements qui n'eussent jamais fait qu'une paix boiteuse. Il avait tout intérêt à garder ses positions et, en établissant quelle avait été en réalité la succession des faits, à démontrer que si, au temporel, il avait dû adopter des mesures coercitives, il avait, au spirituel, constamment respecté les droits du Souverain Pontife. Ainsi, complait-il rallier autour de lui les prêtres que n'aveuglait point le Romanisme et qui demeuraient fidèles à l'Église gallicane : car il croyait qu'elle existait encore.

Tel fut son objet lorsque, le 6 janvier 1811, il dit au Chapitre métropolitain de Paris que l'hostilité du Pape avait été provoquée par le refus qu'il lui avait opposé après le Couronnement, d'une part de signer la promesse de ne pas appliquer les Quatre articles de la déclaration de 1682, d'autre part de restituer les Romagnes au Saint-Siège ; lorsqu'il justifia la réunion des Etats pontificaux par le refus du Pape d'y exécuter le Blocus continental; lorsque, glissant sur

les griefs que Pie VII avait formés contre lui, il énuméra ceux qu'il avait formés contre le Pape : l'excommunication prononcée contre lui, les bulles d'institution refusées aux évèques qu'il avait nommés, les brefs adressés aux Chapitres pour y émouvoir la sédition, l'envoi, en violation du Concordat, de vicaires et de préfets apostoliques dans les diocèses français. « Il n'est point ici et il n'a point été question des dogmes, affirma-t-il ; ils sont la base de la Religion, nécessaire à l'ordre social ; je les respecte ; c'est mon culte. Les règles de discipline ecclésiastique peuvent changer, et souvent elles ont changé, sans que les dogmes en souffrissent la moindre atteinte. »

Par cette déclaration, il s'est placé sur un terrain qu'il croit solide, celui du Concordat. Il s'attache au Concordat à proportion que l'Eglise romaine s'en écarte ; il proclame son orthodoxie avec d'autant plus de vigueur que le Pape, en usant de ses pouvoirs spirituels pour la défense de ses prétentions temporelles, formule une doctrine qui, s'il y avait encore des Gallicans, leur paraîtrait celle que la Sorbonne et l'Eglise de France ont cent fois condamnée.

L'autorité spirituelle du Souverain Pontife est parla mise hors de question aussi bien que le dogme, et il en est de môme dans le décret du 25 avril, par lequel l'Empereur appelle au Concile les évêques de France, d'Italie et de la Confédération du Rhin. Nulle part, ni dans les considérants, ni dans les articles, la moindre attaque ni contre la personne, ni contre la suprématie de Févêque de Rome : la discipline de l'Eglise est

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