‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 28 sur 213 · FESCH, PRESIDENT DU CONCILE · texte numérisé non relu

FESCH, PRESIDENT DU CONCILE

qui eût prise sur toutes les ambitions et barre sur toutes les consciences et qui déployât, dans cette campagne pacifique dont le prix pourrait être une tiare française, quelque chose du génie stratégique que montre Napoléon dans ses campagnes de guerre.

Un tel homme exislât-il dans le clergé de France, Napoléon n'eût pu le désigner : son oncle Fesch est cardinal et archevêque, il est le président imposé. D'ailleurs Fesch prétend ne recevoir la présidence ni de l'Empereur, ni de ses confrères, mais de lui-même ; il la réclame en sa qualité de primat des Gaules et d'archevêque de Lyon, n'osant dire encore qu'elle lui appartient pour la gloire qu'il a de s'appeler Joseph Fesch. Or, l'Empereur prise trop peu le génie de Fesch pour le rendre son confident ; Fesch est incapable de saisir et de suivre le dessein de l'Empereur ; si, malgré les immenses traitements qu'il cumule — Archevêque, Cardinal, Sénateur, Grand Aigle, Grand Aumônier, membre de la Famille impériale — si, malgré la dotation de 300 000 francs de rente qu'il a obtenue le 25 mars, ses continuels besoins d'argent l'ont rendu, à des moments, si maniable qu'on a pu le croire dans le système, son ambition, si démesurée fût-elle, est bornée par ses préjugés. Rome l'a converti aux doctrines ultramontaines. D'ailleurs elle n'y eut point de peine, Fesch n'ayant jamais été gallican. Il est un Corse et c'est en tant que Corse, imbu sur ce point des idées paolistes, qu'il a juré la Constitution et qu'il a trafiqué des biens d'Eglise. Aujourd'hui, sans restituer ce

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