FECH ET LA DISSOLUTION DU CONCILE
de nouveau, il s'assurera, près de chaque évêque, de son assentiment préalable au décret dont le comité avait d'abord accepté le texte. C'est là, semble-t-il, un expédient que Maury a suggéré, mais Fesch s'y associe. Fesch accepte la présidence d'une commission de quatre évêques désignés par l'Empereur pour rechercher un texte de conciliation : ce texte, les évêques n'ont pas de peine à le trouver dès que l'Empereur fait la plus forte des concessions, en autorisant qu'on substitue au remerciement que des évêques députés devaient porter au Paps une demande d'approbation du décret. Pour ce texte nouveau, Fesch sollicite et obtient des signatures; il se rend le moteur principal de l'adhésion individuelle, c'est ce qui est démontré par une lettre que l'Empereur lui adresse le 22 juillet^; mais en même temps qu'il se fait le rabatteur des dissidents, il prétend se réserver, il refuse de s'engager lui-même : « Président du Concile, répond-il à l'Empereur le 24 juillet, je me déshonorerais si je venais exprimer un vœu que les événements récents démontrent être bien opposé au vœu présumé de l'Assemblée. Je ne puis mentir à ma conscience. Je crois que toutes les souscriptions posté rieures à la dissolution du Concile, aux arrestations, aux menaces du ministre de la Police, sont illégales et de nul effet. » Malgré les prostestations de dévouement qui l'accompagnent, cette déclaration, qui paraît
• Publiée par Ducabse [Histoire des négociations diplomatiques relatives aux Traités de Mortfonlaine. de Lunéville et d'Amiens), avec la fausse date de 1816.
marquer une rupture, qui semble affirmer une opposilion décidée, irrite fort l'Empereur, mais elle n'est pas le dernier mot de Fesch. A Berlhier, chargé de lui demander si, lors du second vote, il a voté pour ou contre l'admission du décret, Fesch répond qu'il a voté pour et c'est déjà une présomption qu'il ne se rendra pas intraitable. En efîel, si, le 27 juillet, il s'excuse de se rendre à une assemblée d'évêques que convoque le ministre des Cultes; s'il déclare alors que sa lettre au prince vice-connétable n'est pas une adhésion au projet de décret, il s'empresse, dès qu'il apprend le résultat de la délibération prise par les quatrevingt-trois prélats réunis chez Bigot de Préameneu, de réclamer les pièces qui leur ont été communiquées et, quatre jours plus tard, il se trouve fort honoré d'être agréé par l'Empereur pour présider le Concile autorisé par décret à se réunir de nouveau et à continuer ses séances.
Si, le 24 juillet, l'arrestation des trois évêques frappait de nullité, à sesyeux, les délibérations postérieures du Concile, qu'était-ce, le 5 août, après le départ des vingt qui avaient quitté Paris? Mais il voulait présider, et il présida en efîet la Congrégation générale où l'archevêque de Tours rendit compte de la mission qu'il avait remplie à Savone avec ses confrères du Conseil ecclésiastique — compte intégral, puisque M. de Barrai était censé ne pas savoir et ne savait vraisemblablement pas ce qui s'était passé après son départ et comment le Pape s'était rétracté. A la suite de cette lecture, le décret sur la compétence du Concile pour