‹ Napoleon et sa famille (volume 5)Chapitre 44 sur 213 · PAULINE. — PRETENDUE DISGRACE · texte numérisé non relu

PAULINE. — PRETENDUE DISGRACE

traignit Napoléon à lui signifier, le jour même, l'ordre de s'éloigner de la Cour, Bientôt cependant, on lui fit entendre que, moyennant quelques réparations, tout pourrait s'arranger, mais elle eut la fierté de préférer la disgrâce à Ihumiliation. » Telle est, plus ou moins ornée de rhétorique, la légende qui prit cours. Ainsi écrit-on ailleurs : « Le palais et les jardins d'Armide ne furent point attristés de celte disgrâce qu'elle préféra au chagrin d'une réparation. » Et toujours la date : 1810, le lieu : Bruxelles. En 1810, Pauline n'a pu se trouver à Bruxelles lorsque l'Empereur y vint, puisqu'elle n'alla à Aix qu'après avoir donné sa fête deNeuilly; elle fut du voyage de Fontainehleau et, si elle bouda ensuite, elle n'en assista pas moins à tous les bals de la Cour, à la naissance du Roi de Rome et aux fêtes du Baptême. Oii est donc la disgrâce de 1810 et oiî sera la disgrâce de 1811 ?

Ce n'est point Pauline qui est disgraciée, c'est elle qui disgracie, et la victime est M'"'' de Saluées, cette Jenny Millo,qu'elleasibien misedanssa confiance que, de dame d'annonce recueillie par charité, elle a fait d'elle une dame pour accompagner et l'épouse d'un des hommes les mieux nés d'Europe ^ A peine la princesse est-elle de retour à Neuilly qu'elle la chasse et elle molive ce renvoi par une sotte histoire d'argent. « M""® de Saluces a abusé des fonds qu'elle lui a confiés. » Elle n'assure pas moins qu'elle lui conservera l'intégralité de son traitement que, de 8 000, elle a porté à 11 000 francs.

' V. Napoléon et sa famille, VI, 243.

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